«Rien n'est plus facile que de dénoncer un malfaiteur; rien n'est plus difficile que de le comprendre» ---Fédor Dostoïevski

mardi 3 mars 2009

Publication: Les Cahiers du RMES

Les derniers Cahiers du RMES viennent d'être publiés. Dedans, vous y trouverez un article d'Alain De Neve (Chercheur à l'Institut Royal de Sécurité et de Défense), de Joseph Henrotin (Rédacteur en chef de DSI) - Alain et Joseph sont par ailleurs tous deux mes "collègues" au sein de la toute récemment créée mais déjà prometteuse Alliance Géostratégique - ainsi qu'un article d'André Dumoulin (Professeur à l'Ecole Royale Militaire).

J'y publie également (en temps que membre de l'Institut Royal des Relations Internationales, décidément ça fait beaucoup de représentants de tous les Centres Royaux de notre petite Belgique dans une seule publication...) un article sur le Jihad en Allemagne, et plus particulièrement sur la filière ouzbèke (Union du Djihad Islamique) qui a considérablement accru la menace terroriste malgré des moyens limités.

Voici le sommaire:

Djihad en Allemagne : La Connexion Ouzbèke
Par Thomas Renard

La presse écrite francophone de Belgique et la PESD
Par André Dumoulin

Les ré(é)volutions du caméléon. Combat futur et formation des structures de force entre Transformation, guerres hybrides et nouvelles formes d’application des conceptions de techno-guérilla
Par Joseph Henrotin

Military USes of Nanotechnology: An Overview of Trends in Investments, Expected Outcomes and Potential Impacts on Arms Control Regimes
Par Alain De Neve

4 commentaires:

Anonyme a dit…

A propos de votre article dans les cahiers du RMES, j'ai été frappé par une faute de raisonnement.

Selon vous, si plus de la moitié des musulmans vivant en Allemagne considèrent que le respect du Coran est plus important que celui de la constitution allemande, cela signifie que la même proportion de musulmans considère qu'il y a contradiction entre le Coran et la constitution.

Ce raisonnement ne tient pas la route puisque jusqu'ici, personne, à part vous même, ne dit qu'il y a contradiction entre le Coran et la constitution allemande. Tout ce que l'on peut déduire de ce sondage (éminemment discutable d'un point de vue épistémologique), c'est que S'IL Y A CONTRADICTION entre le Coran et la constitution, ces gens considèrent que le respect du premier est plus important que la seconde.

Or, il se fait que certains musulmans considèrent que le Coran s'accorde avec la constitution d'un Etat démocratique, alors que d'autres pensent que les deux sont contradictoires. Mais encore une fois, le sondage que vous évoquez ne nous dit rien sur cette question.

D'un point de vue philosophique, il n'y a rien de scandaleux à placer des valeurs philosophiques ou religieuses au-dessus des lois positives : tout individu doté d'un minimum d'intelligence construit ses valeurs morales à partir de principes supérieurs (religieux, humanistes, ...) et non à partir des lois positives.

Le problème n'est donc pas de savoir ce que les gens pensent mais ce qu'ils font. Beaucoup de catholiques s'opposent à l'avortement sans pour autant organiser des commandos anti-IVG.

Bref, le sondage que vous citez est d'un intérêt extrêmement douteux, mais je vous accorde qu'une certaine sociologie (dont je crains qu'elle soit dominante aujourd'hui) ne voit pas de salut en dehors de l'analyse statistique des représentations.

Thomas Renard a dit…

Si j'ai laissé penser que les individus qui considèrent le Coran comme plus important que la Constitution en déduisent automatiquement qu'il y a contradiction, je m'en excuse...la plupart n'y pense sans doute pas...jusqu'à ce qu'ils soient confrontés à un cas pratique concret...Le problème du sondage est aussi qu'il pose la question de manière globale alors qu'on peut imaginer que certains individus aient des échelles de valeur en fonction des domaines et des circonstances.

Les gens fondent-ils leurs opinions sur autre chose que les lois positives? Sûrement. Mais les lois positives influencent le jugement aussi et au final elles priment dans nos démocraties occidentales (à moins de se trouver devant un dilemme et d'être croyant ou pascalien). Les Belges se rappelleront du Roi Baudouin qui a "démissioné" une journée, le temps de laisser passer une loi légalisant l'avortement (cas concret de contradiction entre croyances d'inspiration religieuse et lois positives).

Je ne considère donc pas avoir commis une faute de raisonnement. Qui plus est, cet élément apparaît dans la première partie de l'article qui dresse la toile de fond sur la situation des musulmans en Allemagne et n'interfère donc pas avec la thèse centrale du texte qui est, je l'admets volontiers, davantage liée à mon domaine de compétence.

Anonyme a dit…

A lire votre réponse, j'ai l'impression que nous sommes d'accord sur l'essentiel. Toutefois, c'est bien vous qui écrivez, de manière univoque :

"En d’autres mots, près de la moitié des musulmans pensent que le Coran et la démocratie sont incompatibles" (p.23)

C'est bien une faute de raisonnement, puisque vous déduisez cela à partir des résultats d'un sondage qui porte sur autre chose.

Je n'insisterais pas autant si le sujet n'était aussi sensible, sachant comment il peut être exploité par les xénophobes de diverses obédiences.

Thomas Renard a dit…

Ok, en relisant le passage et au vu de cet échange, je prend note de votre commentaire et reconnait avoir mal exprimé ma pensée que j'ai précisée dans le commentaire ci-dessus.

Merci pour votre réaction, sur un sujet il est vrai sensible.

Bien à vous,

T.