Le journal tenu par un membre d'al-Qaïda en Irak et retrouvé par l'armée américaine dont je parlais dans un article précédent est partiellement disponible en ligne. Merci à Stéphane Taillat pour cette trouvaille.
lundi 11 février 2008
dimanche 10 février 2008
Ajout de la Fonction 'Derniers Commentaires'
Juste pour signaler que les derniers commentaires ajoutés sur le blog sont maintenant visibles dans la colonne de droite...un bon moyen de voir qui est passé par là! ;-)
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samedi 9 février 2008
Le Déclin d'Al-Qaïda en Irak et la Dynamique Terrorisme/Insurrection
Un article sur al-Qaïda en Irak (AQI) paru dans le Washington Post de ce vendredi mérite un peu d’attention. En substance, l’article affirme qu’al-Qaïda aurait ordonné à ses membres d’ « adoucir » ses méthodes – c’est-à-dire de stopper ses attaques contre les Sunnites – après avoir constaté une chute vertigineuse de la popularité du groupe dans la province d’Anbar. Le nombre de membres serait tombé de 12.000 à 3.500. Une note interne trouvée par l’armée, dont l’authenticité doit encore être confirmée, demandait aux membres d’AQI de « se dédier à combattre le vrai ennemi [américain et chiite] uniquement afin d’éviter d’ouvrir un nouveau front contre les Arabes sunnites ». Depuis l’offensive américaine lancée par Petraeus, le nombre d’attentats dans la province d’Anbar a chuté. Simultanément, cause ou conséquence, AQI a perdu du terrain.
Dans son blog, Stéphane Taillat, doctorant spécialisé sur la contre-insurrection irakienne, note que « si AQI reste la principale menace contre les populations chiites des zones mixtes, l’organisation terroriste, en dépit de ses déclarations tendant à focaliser les actions contre elles, n’est plus qu’un danger marginal pour les forces américaines… ». Douglas Farah, journaliste au Washington Post, constate sur son blog que « les groupes [terroristes] n’ont pas seulement des difficultés en Irak, mais aussi dans le monde islamique en général. Le niveau de violence contre les Sunnites perpétré par les groupes islamistes sunnites s’avère impossible à accepter pour beaucoup de gens. Le résultat est que le soutien financier à AQI est apparemment en déclin. C’est dans ces moments où les nouvelles sont encourageantes qu’il faut profiter de l’avantage. Ces groupes ne partiront pas de manière volontaire. Ils doivent être repoussés. Et cela n’arrivera que si les gens perçoivent que la lutte contre les islamistes est dans leur propre intérêt. Pas dans celui des Etats-Unis ou de n’importe qui d’autre ».
A ces analyses, je voudrais rapidement ajouter plusieurs remarques qui me semblent importantes
Tout d’abord, ce déclin d’AQI est limité pour l’instant à la province d’Anbar, et donc les conclusions tirées ne peuvent être appliquée à l’ensemble de l’Irak. Deuxièmement, la dynamique terrorisme/insurrection observée dans ce cas-ci est extrêmement intéressante. Ce que la note interne laisse penser, c’est que AQI se dirige vers un abandon partiel du ‘terrorisme indiscriminé’ tout en renforçant le pôle ‘insurrectionnel’ en essayant, par exemple, de renouer des liens avec les chefs locaux pour maintenir un certain nombre de fiefs. Jusqu’à présent, c’était plutôt la dynamique inverse qui avait été observée : après avoir perdu une bataille sur ‘le front’, les membres d’AQI passaient en quelque sorte du statut d’insurgé au statut de terroriste. Ils se cachaient parmi la population afin de pouvoir y lancer une attaque terroriste. Ce changement de dynamique est un bon signe pour les Américains qui sont en train de gagner « le cœur et les esprits » (hearts and minds) des Irakiens, pour reprendre l’expression si populaire parmi les militaires. Troisièmement, de manière tout aussi intéressante, ce changement de stratégie souligne encore une fois la grande capacité de réflexion et de réaction d’al-Qaïda. La capacité d’adaptation des groupes terroristes est souvent sous-estimée. En fait, comme l’a constaté Bruce Hoffman, grand spécialiste d’al-Qaïda, les groupes terroristes montrent une très grande résilience une fois qu’ils sont parvenus à passer le cap des 2-3 premières années d’existence. Enfin, il sera intéressant de regarder dans quelle mesure l’ordre sera suivi. Cela devrait donner une bonne indication du contrôle d’aq-Qaïda sur ses militants.
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Ajouts dans la blogoliste
Juste un petit mot pour signaler que j'ai ajouté trois nouveaux blogs à ma "blogoliste". Le blog de Stéphane Taillat, "En vérité", parle des opérations de contre-insurrection, et de l'Irak plus particulièrement. Dans le blog de François Duran, "Théâtre des opérations", vous trouverez des réflexions stratégiques et tactiques sur des conflits présents et passés. Enfin, dans la blogosphère anglophone, j'ai ajouté un blog, "Secrecy News", de la célèbre Federation of American Scientists, spécialisé dans le domaine du renseignement. Notez que ces blogs ne sont pas nouveaux, mais j'ai mis un peu de temps à les ajouter. Erreur résolue. Je recommande la lecture de ces blogs, et félicite leurs auteurs.
Côté "médias", j'ai ajouté la page spéciale Terrorisme du journal flamand De Morgen...
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jeudi 7 février 2008
La Théorie du 'Loup Solitaire' ou la Psychose Américaine
Il existe une croyance largement répandue parmi les experts américains en terrorisme : la prochaine attaque terroriste n’est plus qu’une question de temps. Malgré toutes les mesures de sécurité déployées, il est impossible de garantir la sécurité totale des Etats-Unis. Loin de là. La question que les experts se posent n’est pas « Quand ? », mais plutôt « Qui ? Et comment ? ».
Parmi les différentes réponses possibles, la théorie du ‘loup solitaire’ fait particulièrement frémir l’ensemble de la communauté du renseignement. Cette peur repose sur la difficulté de localiser un individu isolé qui aurait des desseins d’attentat. Il existe beaucoup de moyens pour identifier des terroristes qui tentent de d’entrer sur territoire américain. De même, il est possible d’infiltrer une cellule terroriste. Mais le ‘loup solitaire’ est presque impossible à repérer. Du moins en théorie.
Un rapport de Stratfor, un think tank basé au Texas, définit le ‘loup solitaire’ comme un individu « qui agit à son propre compte, sans recevoir d’ordres et sans entretenir de relations avec aucune organisation. (…) Il est par nature membre de la société qu’il vise et est capable de s’auto-activer à n’importe quel moment ». Le ‘loup solitaire’ se distingue ainsi de l’ ‘agent dormant’ qui a infiltré la société-cible pour le compte d’une organisation et demeure inactif jusqu’à réception d’un signal. Le ‘loup solitaire’ se distingue également du ‘fou solitaire’ qui n’a aucun objectif politique et dont les actions ne correspondent pas aux définitions d’un acte terroriste.
Al-Qaïda est conscient de la peur suscitée par les ‘loups solitaires’ aux Etats-Unis. Et se plaît à entretenir la psychose. Un message sur un site jihadiste daté du 1 janvier 2008 dit : « Les cellules dormantes se promènent au sein du pays des infidèles en utilisant différentes méthodes de couverture et des ‘noms de blancs’ qui n’attirent pas l’attention des services de sécurité américains, mais ce n’est pas cela qui terrifie le FBI en particulier et les services de sécurité en général. Ce sont les ‘loups solitaires’ d’al-Qaïda qui dérangent leur tranquillité et leur sommeil ». Le même message offre ensuite plusieurs conseils aux ‘loups solitaires’ afin de mener à bien leurs missions. La liste de ces conseils est disponible sur le site de la fondation Jamestown, un think tank basé à Washington avec lequel je collabore. Ces conseils comprennent par exemple : ne pas révéler ses origines arabes, mais plutôt se faire passer pour hispanique ; ne pas vivre dans un quartier où il y a des trafiquants de drogue pour échapper à la surveillance de la DEA (agence de lutte contre la drogue) ; s’entraîner à la manipulation des armes et des explosifs ; etc.
Néanmoins, les difficultés rencontrées par les ‘loups solitaires’ sont nombreuses. Etant seuls, ils doivent monter l’entièreté des opérations par eux-mêmes. En outre, de nombreuses qualités sont nécessaires pour élaborer une attaque, allant du repérage des lieux à la construction d’explosifs, en passant par la manipulation des armes. Si ces choses peuvent paraître simples sur papier, il en est autrement au moment de passer à l’action. Le cas de Sayed Abdul Malike illustre assez bien ce propos. Le FBI a entendu parler de cet Afghan vivant aux Etats-Unis pour la première fois en mars 2003 via un technicien informatique. Au cours d’une conversation, Malike avait demandé au technicien s’il savait comment fabriquer une bombe. Quelques jours plus tard, un capitaine de bateau touristique en Floride alertait également le FBI : Malike avait posé d’étranges questions sur l’infrastructure des ponts de Miami, qu’il avait filmés, et sur la distance à laquelle le petit bateau touristique pouvait s’approcher des grands bateaux de croisière. Il sera arrêté en mai 2003 après avoir tenté d’acheter suffisamment d’explosif pour « faire exploser une montagne ».
Le rapport de Stratfor conclut : « Alors que les versions fictionnelles et théoriques du ‘loup solitaire’ peuvent être terrifiantes, les exemples réels démontrent que, non seulement les cas sont très rares, mais les contraintes imposées par leur isolement (lors de l’entraînement et de l’acquisition d’armes) généralement limitent les dommages qu’ils peuvent faire. En outre, un ‘loup solitaire’ qui fait appel à une aide extérieure se retrouve éventuellement en interaction avec d’autres militants et ne peut alors plus être considéré comme ‘loup solitaire’ ».
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Romney Jette l'Eponge
Voilà: Mitt Romney a abandonné la course. Il n'y a maintenant pour ainsi dire plus aucun suspense. John McCain sera le candidat républicain à la présidentielle. Mon post ci-après en est donc encore plus approprié.
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Démocrates et Républicains: Deux Approches Opposées de l'Irak
Mardi soir a été une très longue nuit. A une heure du matin, j’ai fini par succomber au sommeil devant mon poste de télévision. Peu après avoir fini de couvrir les élections pour Le Soir en ligne. Malgré ce qu’en disent certains, les résultats ont permis de clarifier un peu la situation. Chez les Démocrates, il apparaît que le vainqueur ne sera sans doute pas connu avant la convention de parti, au mois d’août. En quelque sorte, on a maintenant la certitude de l’incertitude. Chez les Républicains, John McCain a confirmé son rôle de grand favori. En toute logique, il devrait emporter la nomination de son parti. Sauf si Huckabee jetait l’éponge…
Donc, théoriquement, au mois de novembre, l’élection présidentielle devrait opposer John McCain à l’un des deux candidats démocrates : Barack Obama ou Hillary Clinton. Qui sera alors le favori pour obtenir les clés de la Maison Blanche ? Selon Allan Lichtman, professeur d’histoire à l’American University (Washington DC), les Démocrates vont gagner. Sa prédiction se base sur un célèbre modèle dont il est l’auteur et qui lui a permis de prédire avec succès le résultat des présidentielles depuis plus de 20 ans. A ce sujet, voyez l’interview que j’ai eue avec le professeur Lichtman parue dans Le Soir de ce jeudi 7 février.
Sans affirmer ma préférence pour aucun candidat, je voudrais souligner rapidement les approches tout à fait opposées des candidats dans deux domaines centraux pour Le Front Asymétrique : l’Irak et la contre-insurrection.
Les deux candidats démocrates ont déclaré que, aussitôt entrés à la Maison Blanche, les troupes américaines commenceraient à quitter l’Irak. Obama promet que « toutes les brigades de combat » auront quitté l’Irak endéans 16 mois. Clinton est sur la même onde : « Il est temps de mettre un terme à cette guerre. Pas l’année prochaine, pas le mois prochain. Mais aujourd’hui ». Obama et Clinton affirment également qu’ils maintiendront un petit contingent de troupes en Irak, ou dans un pays voisin, pour combattre al-Qaïda. Les deux candidats promettent également d’engager des discussions avec tous les acteurs régionaux, y compris la Syrie et l’Iran, et de favoriser les rapprochements entre les leaders irakiens.
La stratégie des démocrates est problématique sous bien des aspects. Voici une liste – non exhaustive – des défauts de cette stratégie :
John McCain a une approche tout à fait opposée aux deux candidats démocrates. Selon lui, les troupes américaines devraient rester en Irak pour « au moins encore 100 ans ». Sa stratégie est conforme à celle de Petraeus : ramener la sécurité afin de pouvoir commencer la reconstruction politique et économique du pays. Dans cet objectif, les Etats-Unis et la communauté internationale doivent « appliquer de vraies sanctions contre l’Iran et la Syrie afin de changer leur comportement ». Les problèmes de la stratégie de McCain sont les suivants :
En conclusion, disons simplement que la route vers la paix est encore longue et semée d’embûches pour les Irakiens. Dans tous les cas de figure, le prochain Président des Etats-Unis prendra une décision qui restera dans les livres d’histoire.
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mardi 5 février 2008
La Liste des Cibles Terroristes en France Signe d'Amateurisme
EXCLUSIVITE DU FRONT ASYMETRIQUE. La France est en état d’alerte. Le 4 janvier, un site internet islamiste appelait ses lecteurs à lancer des attaques terroristes contre Paris. Quelques jours plus tard, le Portugal puis l’Espagne annonçaient avoir découvert d’autres signes d’une menace potentielle contre la France. Le « Front Asymétrique » a obtenu en exclusivité la liste des cibles potentielles mise en ligne le 4 janvier sur le site al-ekhlas. La liste a été obtenue via le Middle East Media Research Institute (MEMRI), un think tank qui surveille les forums islamiques.
Certaines cibles sont « logiques ». La tour Eiffel est un classique dans le genre. Le symbole de Paris était déjà la cible présumée des terroristes en 1994, lorsqu’un commando du GIA algérien avait détourné un avion. Un message capté par l’aviation portugaise le 10 janvier dernier appelait également à une attaque contre la tour Eiffel. Les aéroports Charles de Gaulle et Orly sont aussi inscrits sur la liste en raison du grand nombre de passagers qui y transitent chaque jour. Enfin, le palais de l’Elysée, la Défense ou le Louvre ont une énorme portée symbolique.
D’autres cibles sont plus surprenantes. Par exemple, plusieurs magasins de luxe (situés notamment sur les Champs Elysées) figurent sur la liste. Bien qu’une attaque contre l’un des magasins mentionnés provoquerait sans aucun doute des victimes, la portée symbolique de ces cibles est discutable (Qu’est-ce qui est visé ? Les civils ? Le capitalisme ? L’occident ?). Plus surprenant encore : l’inclusion de zones à relativement faible densité (comparé à d’autres endroits) et à faible portée symbolique tels que Fontainebleau, le bois de Vincennes ou le bois de Boulogne.
Enfin, l’absence de certaines cibles est également déconcertante. Les lieux sportifs comme le stade de France ne semblent pas intéresser l’auteur de la liste. Ni les transports en commun (à part les 2 aéroports), pourtant souvent ciblés par les terroristes. Au rang des absents aussi, la mairie de Paris. Alors que Bertrand Delanoë est désigné comme cible dans le même message.
L’auteur de la liste confie avoir basé ses recherches sur Wikipédia, l’encyclopédie en ligne. Cette confession suggère que l’auteur n’est peut-être pas très familier avec Paris. Mais il est surtout intéressant de noter que certains terroristes ont recours à Wikipédia, un instrument souvent critiqué pour son inexactitude et sa subjectivité.
La liste, son élaboration via Wikipédia et sa justification sur le site islamique laissent planer un sentiment d’amateurisme, voire de naïveté chez son auteur et ses lecteurs. Par exemple, le message affirme qu’une attaque à Paris « retournerait le public contre Sarkozy et affaiblirait sa popularité ». En réalité, il est très difficile de prévoir les conséquences politiques d’une attaque terroriste comme démontré par les deux cas opposés du 11 septembre aux Etats-Unis et du 11 mars en Espagne. Alors que la popularité de Bush a grimpé après les attentats, Aznar a perdu les élections. En fait, la réponse du gouvernement à une attaque terroriste est sans doute beaucoup plus déterminante que l’attaque elle-même.
Le message affirme également qu’une attaque causerait « l’effondrement de l’économie française ». Il est vrai qu’un attentat à Paris aurait des répercussions négatives sur l’économie et le tourisme à court terme. Cependant, à long terme, les effets sont beaucoup plus incertains. Dans l’ensemble, le terrorisme a tendance a créé un ralentissement économique, mais pas de crise.
Enfin, le message déclare qu’une attaque sur Paris aurait pour conséquence « contrairement à ce que tout le monde pense, de forcer les autorités à lever la surveillance des communautés musulmanes pour résoudre la crise [née des tensions entre musulmans et policiers]. Ce qui facilitera [à son tour] la création de cellules jihadistes ». Au contraire, une attaque terroriste accroîtrait le contrôle policier, surtout si l’attentat est orchestré par une cellule implantée en France. Et il n’y a aucun doute que la grande majorité de la communauté musulmane française serait aussi choquée que le reste de la nation par une attaque sanglante sur le sol français, et réagirait de manière négative vis-à-vis du groupe terroriste à l’origine de l’attentat.
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dimanche 3 février 2008
Hôtel Serena: le Ministre Norvégien Etait la Cible
Le porte-parole des Talibans a confirmé à un membre de la fondation NEFA, une organisation spécialisée dans le terrorisme islamique, que le ministre des affaires étrangères norvégien, Jonas Gahr Stoere, était bien la cible de l'attentat qui a frappé l'hôtel Serena à Kaboul le 14 janvier dernier. Sept personnes étaient mortes lors de l'attaque.
Zabiullah Mujahid a déclaré que les quatre Talibans responsables de l'opération visaient précisément le ministre norvégien. "Notre cible était ces étrangers qui ont un rôle militaire en Aghanistan et menacent l'indépendance du pays", a-t-il dit lors de l'interview dont la transcription est disponible sur le site de la fondation NEFA.
Concernant la récente vague de violence au Pakistan et l'assassinat de Benazir Bhutto, le porte-parole taliban nie toute implication des insurgés afghans. "Les moujahidines afghans n'ont joué aucun rôle dans la crise pakistanaise", a-t-il affirmé. "Les Talibans afghans se concentrent sur l'Afghanistan, ils n'interfèrent pas dans les affaires pakistanaises. (...) Les Moujahidines de l'Emirat Islamique sont basés en Afghanistan, le leadership est en Afghanistan, et nos activités ont lieu en Afghanistan. Cette élection [présidentielle pakistanaise] est une affaire interne au Pakistan. (...) Cela ne nous intéresse pas qui gagne les élections pakistanaises".
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samedi 2 février 2008
"J'Ai Glissé, Chef": Conséquences du 'Rabaissement Social' de l'Armée Américaine sur les Opérations de Contre-Insurrection
L’armée ne suscite plus de vocation en Amérique. Depuis 2004, malgré une campagne de recrutement intense et continue – l’un des premiers coups de fil que j’ai reçu en arrivant aux Etats-Unis était d’un représentant de l’U.S. Army – les recruteurs ne parviennent pas à remplir leurs quotas. Pour résoudre ce problème, l’armée a décidé d’abaisser ses critères de sélection. Conséquence : un déclin en quantité et en qualité des troupes américaines. Avec de potentielles conséquences négatives pour les opérations militaires présentes et futures.
Une étude publiée la semaine dernière par le National Priorities Project a révélé que le pourcentage de nouvelles recrues disposant d’un diplôme d’enseignement secondaire a chuté de 94% en 2003 à 70,7% en 2007. Le seuil de l’armée américaine est normalement fixé à 90%. En outre, davantage d’individus ratant le test d’aptitude ont été acceptés. En 2004, 0,6% des recrues rataient l’examen (un score inférieur à 30%). En 2007, le chiffre avait grimpé jusque 4,1%. De manière générale, les résultats au test d’aptitude ont diminué. Par rapport à 2004, le nombre de recrues dites de « haute qualité » a baissé de plus de 25%.
En plus de l’enseignement et du test d’aptitude, l’armée américaine a également abaissé ses critères en matière de criminalité. Selon le Boston Globe, 11,6% des nouvelles recrues en 2007 ont reçu une « exemption morale ». En d’autres mots, l’armée a fermé les yeux sur leur casier judiciaire, comprenant des faits tels que trafic de drogue, violence ou cambriolages. En 2003, ce pourcentage n’était que de 4,6%.
Cette tendance au ‘rabaissement social’ de l’armée américaine est inquiétant. Tout d’abord, parce que ces individus ont davantage tendance à abandonner l’armée durant leur service, renforçant ainsi le manque de soldats. Ensuite, on peut clairement s’interroger sur le comportement d’anciens criminels sur un champ de bataille. Mais beaucoup plus important : cette tendance nuit gravement à la qualité opérationnelle des troupes sur le terrain.
Des soldats intelligents sont plus efficaces. C’est du moins ce que tend à démontrer une étude réalisée en 2005 par la RAND Corporation, un think tank américain, à la demande du Pentagone. Selon cette étude, par exemple, les soldats qui ont bien réussi au test d’aptitude sont beaucoup plus précis aux exercices de tir. Les soldats intelligents ont aussi plus de chance de réussir une mission déterminée.
En termes de contre-insurrection, l’intelligence de chaque soldat est encore plus importante qu’en combat classique. La nouvelle stratégie en Irak développée par le Général Petraeus met l’accent sur de petites unités, composées de quelques dizaines hommes, disposant de qualités exceptionnelles : compréhension de la culture locale, compréhension de l’ennemi, développement de bonnes relations avec la population, comportement exemplaire, ingéniosité, …
L’apport des nouvelles recrues dans les opérations contre-insurrectionnelles est donc limité. Pire : il pourrait être nuisible. Des soldats peu éduqués peuvent adopter des comportements dommageables pour l’image de l’armée américaine auprès des populations locales. Et ainsi contribuer à la propagande des insurgés.
Il est difficile de prédire à quoi ressembleront les conflits de demain. Mais si la tendance vers les conflits asymétriques se confirme, et que le ‘rabaissement social’ de l’armée américaine se poursuit, il se pourrait que les successeurs de Petraeus se trouvent face à un nouveau dilemme, opposé exact de celui qui se posait avant Petraeus : Maintenant que l’armée a apparemment enfin réussi à développer une stratégie efficace pour vaincre une insurrection, la quantité et la qualité des troupes ne sera peut-être plus suffisante pour la mettre en oeuvre.
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