«Rien n'est plus facile que de dénoncer un malfaiteur; rien n'est plus difficile que de le comprendre» ---Fédor Dostoïevski
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jeudi 26 février 2009

L'Enjeu Stratégique de la Crise Mondiale

Il y a une question essentielle au coeur de la crise économique actuelle, directement liée aux relations internationales, et qui est pourtant largement ignorée tant par les médias (surtout) que par la communauté académique. Chaque capitale du monde entier se demande aujourd'hui, non pas seulement comment sortir de la crise, mais aussi, comme l'a dit Barack Obama lors de son dernier discours, comment sortir de cette crise encore plus fort.

La question est essentielle. Celui qui s'en sortira le plus rapidement et le plus fort (ou le moins affaibli) prendra l'ascendant sur les autres. Ceci est particulièrement vrai concernant la "lutte" entre les puissances déclinantes (USA), réémergentes (Russie, UE) et émergentes (Chine, Inde, Brésil). Il y a donc un enjeu tout réaliste à la crise actuelle: celui de la puissance relative. La balance de pouvoir actuelle et future, qui était déjà en période de transition avant la crise, n'en sera que plus boulversée.

Les chiffres annoncés par Obama sont peu encourageants pour les Etats-Unis. La Russie, pour sa part, a effacé une grande partie de sa dette héritée de l'avant-Poutine, mais est extrêmement fragile économiquement d'autant que les marchés énergétiques ne sont pas au beau fixe. L'UE, on le sait, dépend fortement de l'évolution de la situation aux USA mais pourrait tout de même tirer profit de la crise en accroissant ses partenariats stratégiques avec les puissances émergentes. La Chine est aussi profondément frappée par la crise et la situation est d'autant plus sensible que cette année 2009 est marquée par un certain nombre de dates symboliques (révolution, Tien an Men) qu'il s'agira de négocier en douceur pour éviter les débordements.

Toutes les grandes puissances sont donc devant un certain nombre de défis de taille. Des "alliances d'opportunité" pourraient voir le jour pour sortir de la crise. Cependant, d'un point de vue stratégique, il y a une véritable course contre la montre qui se joue entre ces pays là.

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lundi 23 février 2009

Afghanistan, Etats-Unis et Russie: au Coeur des Jeux de Puissances

Les récents événements qui auront opposé (indirectement) Moscou et Washington à propos de la base américaine de Manas, au Kirghizistan, n'auront échappé à personne. Ils s'inscrivent de façon nette dans le jeu de puissance et d'influence qui oppose Russes et Américains dans la région. Un jeu de puissance, mais également un jeu de Puissances (au pluriel) puisqu'il oppose les Etats-Unis - hégémon global - et la Russie - puissance réémergente mais surtout puissance régionale.

Pour rappel, le Kremlin a fait pression sur le Kirghizistan pour que celui-ci ferme la base américain de Manas (pour laquelle Washington payait pourtant grassement en dollars américains bien nécessaires à l'économie kirghize), point de ravitaillement essentiel pour les troupes de l'OTAN en Afghanistan. En échange, Moscou a offert un package financier (constitué d'argent cash, de prêts à taux réduit et d'annulation de dette) d'une valeur de plus de 2 milliards de dollars. Dans un récent article, Clarisse revient notamment sur les événements ayant mené à la fermeture de Manas et aux inquiétudes américaines subséquentes.

Pourtant, alors que la Russie a tout fait pour fermer Manas, elle a simultanément réaffirmé son soutien à la mission de l'OTAN en Afghanistan et offert aux Etats-Unis d'autoriser les convois ne transportant pas d'armes de passer par la Russie. En effet, la Russie n'a aucun intérêt à voir la situation se détériorer en Afghanistan et dans la région (si c'est encore possible, dirait quelqu'un de sarcastique un lundi matin...). Il y a quelques jours à peine, Moscou "fêtait" tristement les 20 ans de son retrait d'Afghanistan. Aujourd'hui, ils se demandent si les Américains ont tiré une quelconque leçon de cette expérience russe désastreuse. De manière plus importante, la Russie ne souhaite pas voir se prolonger l'instabilité aux confins de sa zone d'influence, de voir s'établir un "terroristan" (pour reprendre l'expression mentionnée par Olivier Kempf) dans lequel seraient entraînés les jihadistes qui déstabiliseraient ensuite la Russie et l'Asie Centrale. En outre, Moscou entend mettre un terme au trafic d'opium afghan (qui représente presque l'entièreté de la production mondiale) qui arrive ensuite sur les marchés russes sous forme d'héroïne et tue chaque année des dizaines de milliers de jeunes Russes, qui manquent pourtant cruellement pour relancer l'économie à la peine (et cela déjà bien avant la crise).

La Russie soutient donc les Américains tout en s'y opposant. Hypocrisie? Oui et non. Certes, le sarcastique du lundi matin y verrait un jeu hypocrite de Moscou. Mais l'analyste géopolitique y verra un jeu complexe où se mêlent des intérêts sécuritaires divergeants. Il ne faut pas non plus y voir une nouvelle Guerre Froide entre le Kremlin et la Maison Blanche, comme l'explique ici Olivier Kempf. Si Moscou souhaite réellement la stabilité en Afghanistan (et préfère sans aucun doute le régime pro-Américain de Karzaï à un régime Taliban), cela ne l'empêche pas de vouloir réaffirmer sa puissance régionale en "reconquérant" sa sphère d'influence.

Les Russes ont des ambitions régionales. Ils aimeraient créer un bloc de coopération militaire pour contrer l'influence grandissante de l'OTAN et de l'UE (on a vu par exemple l'UE beaucoupe plus active que l'OTAN dans la crise géorgienne) en Asie Centrale et dans le Caucase, une zone de libre-échange, une zone monétaire (reposant sur un rouble russe pourtant fragile), etc. La réémergence russe, du moins vue de Moscou, ne peut passer que par l'assurance d'une zone d'influence pro-russe. C'est-à-dire une zone dans laquelle la Russie bénéficiera de marchés d'import et d'export avantageux. Une fois l'économie relancée, il faudra aussi moderniser l'outil militaire obsolète malgré toutes les démonstrations de force russes. Il s'agit donc d'une vision à relativement long terme, mais il y a bien un rêve russe de puissance non oublié.

Ce rêve russe passe aujourd'hui par l'Asie Centrale. Néanmoins, comme l'Europe l'a expérimenté récemment lors de la crise du gaz avec l'Ukraine, la réémergence de la Russie ne sera pas sans effet sur l'Europe. Faut-il pour autant avoir peur de l'Ours russe? Jusqu'à preuve du contraire, les Russes bénéficient davantage de la coopération avec l'Occident que de la rupture de cette coopération. C'est vrai aujourd'hui en Afghanistan, mais c'est vrai aussi sur les marchés des ressources naturelles. En effet, si l'Europe a besoin du gaz russe, les Russes ont encore plus besoin du marché de l'Europe pour acheter son gaz....c'est là le paradoxe de l'interdépendance économique actuelle. Une guerre froide ne profiterait à personne et est donc improbable (mais pas impossible revient à la charge mon ami sarcastique...). L'Europe et les Etats-Unis doivent donc apprendre à interpréter et canaliser les ambitions russes, plutôt qu'à les craindre et s'y opposer à tout prix.

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mardi 17 février 2009

Sur la Prise de Pouvoir des Taliban au Pakistan

Alors que tout le monde attendait la défaite américaine en Afghanistan, c'est le Pakistan qui le premier a dû déclarer forfait...Le gouvernement a annoncé hier qu'il laissait les régions tribales à la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan aux mains des Taliban, après de longues négociations entre les deux parties. Ces régions, et leurs populations, tomberont donc désormais sous le coup de la Shariah, la loi coranique, appliquée de main de fer par les Talibans, ce qui inclut sévices physiques, violation des droits les plus élémentaires, et mises à mort publiques. Selon le Pakistan, la loi des Taliban n'entre pas en contradiction avec la Constitution pakistanaise...de quoi s'interroger sur cette constitution...

Cet accord est clairement une victoire des Taliban puisqu'ils gagnent sur tous les tableaux. Ils deviennent maîtres des régions tribales, pouvant ainsi étendre leur domination, bénéficient d'une relative impunité vis-à-vis des forces pakistanaises (bien que c'était déjà en partie vrai depuis longtemps), et ne doivent rien donner en contrepartie. Quand on pense que la guerre en Afghanistan avait commencé pour chasser les Taliban qui hébergaient al-Qaïda, on ne peut que constater l'échec dans la mesure où ces mêmes Taliban n'ont fait que se déplacer vers l'Est, et qu'ils sont toujours de mêche avec les membres d'al-Qaïda (c'est-à-dire les derniers cadres survivants, ainsi que certains groupes affiliés comme le groupe ouzbek de l'Union du Djihad Islamique).

La légitimité du Pakistan comme allié des Etats-Unis dans la (défunte) "guerre contre la terreur" (dites aujourd'hui "lutte en cours contre le terrorisme et l'extrémisme") n'en est que davantage remise en cause. Le Pakistan affirme ne pas être capable de mener une guerre de guérilla...et pourtant, ces Taliban et al-Qaïda, ainsi que d'autres groupes extrémistes basés au Pakistan comme Lashkar-e-Taiba à l'origine des attaques de Mumbai/Bombay, n'en veulent pas seulement aux Etats-Unis ou à l'Inde. Ils s'en prennent ausi directement au Pakistan, pays à la fois créateur, hôte, facilitateur et victime du terrorisme islamiste. En renforçant les Taliban, c'est sa propre sécurité que le Pakistan met à mal...sans compter les risques de dérapages avec l'Inde si les Taliban venaient à héberger les groupes anti-Indiens...

Avec cette nouvelle annonce, la guerre américaine en Afghanistan semble encore à la fois plus mal embarquée, mais aussi d'autant plus nécessaire qu'il faut empêcher les Taliban de contrôler une région plus grande encore. Pas seulement parce que les Taliban prônent des valeurs complètement antagonistes aux nôtres, mais parce que le risque de voir l'Afghanistan redevenir un sanctuaire pour terroristes est une menace directe pour l'Europe. Il est donc grand temps que les Européens s'investissent davantage en Afghanistan.

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vendredi 9 janvier 2009

Encore un de Moins

Les Etats-Unis ont annoncé qu'un important leader d'al-Qaïda a été tué au Pakistan le 1 janvier, lors d'une frappe aérienne opérée par un drone Predator. Oussama al-Kini était un Kenyan, proche d'Oussama ben Laden. Il avait participé à la préparation des attentats en Afrique de 1998, et était à l'origine de la tentative d'assassinat manquée contre Benazir Bhutto en 2007, ainsi que contre l'attentat contre l'hôtel Marriott à Islamabad qui avait fait plus de 50 morts.

Photo: FBI

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mardi 16 décembre 2008

Les Objectifs des Attaques de Mumbai

Jusqu'à présent, seules des hypothèses avaient pu être émises concernant les objectifs des terroristes de Mumbai/Bombay. Comme il est désormais quasiment certain que ceux-ci étaient membre du groupe pakistanais LeT, on pouvait deviner les raisons de l'attaque par inférence. Maintenant, un appel d'un des terroristes à un journaliste indien offre pour la première fois certaines des raisons concrètes:

The voice on the other end of the line, sounding robotic, rattled off a list of grievances: the 2002 riots in Gujarat state during which more than 1,000 people, mostly Muslims, were killed; the 1992 demolition of the centuries-old Babri mosque by Hindu mobs; and India's control over part of the disputed Himalayan region of Kashmir.

The caller was holed up in an ultra-orthodox Jewish outreach center where the assailants had taken hostages, according to cellphone records obtained by Indian investigators. "Are you aware how many people have been killed in Kashmir? Are you aware how your army has killed Muslims?" the caller demanded. "We die every day," he told the news anchor. "It's better to win one day as a lion than die this way."


Source: Washington Post

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lundi 8 décembre 2008

Les Leçons de Mumbai

Je n'ai rien écrit sur les attaques de Bombay/Mumbai et je tiens à m'en excuser. La raison de cette absence tient à la fois au fait que j'étais en voyage, que je ne suis pas du tout spécialisé dans cette région du globe, et que la presse avait largement et ad nauseum couvert le sujet. Cependant, une chose qui a été moins traitée et abordée tient aux conséquences de ces attaques. Celles-ci doivent être vues d'un point de vue régional et global.

Au niveau régional:

  • L'Inde va devoir se pencher plus sérieusement encore sur la surveillance de sa population musulmane au sein de laquelle pourrait émerger des éléments radicaux, inspirés par le succès et l'ampleur de l'attaque du mois de novembre.
  • Le Pakistan, et plus particulièrement les services secrets (ISI), ont été une fois de plus exposés en tant que "sponsor du terrorisme international". Dès lors, la pression va s'accroître sur le gouvernement pakistanais pour mettre fin à cette stratégie ambigüe. Néanmoins, la marge de manoeuvre des Etats-Unis pour faire pression sur le Pakistan est (très) limitée.
  • Pour les groupes extrémistes basés au Pakistan (LeT mais aussi les autres), il s'agit d'un nouveau succès renforçant la conviction que le Pakistan constitue pour le moment la base arrière idéale à partir de laquelle lancer des opérations internationales.
  • L'impact des ces attaques sur la relation Inde-Pakistan sera instructif de l'état d'avancement du processus de rapprochement, ou de la déterioration de la situation.
Au niveau global:
  • Les jihadistes internationaux interprètent ces attaques comme une nouvelle victoire dans leur guerre contre les infidèles.
  • La relation des Etats-Unis avec le Pakistan s'en voit une nouvelle fois endommagée.
  • Le mode opérationnel utilisé par les assaillants (assaut armé, siège), fondamentalement différent de la stratégie "classique" de la voiture piégée ou de l'attentat suicide, pourrait créer un précédent pour les jihadistes et donc se reproduire ailleurs dans le monde.
  • Les terroristes étant entré dans Bombay/Mumbai par la mer grâce à de petits bateaux, cela souligne la vulnérabilité des régions côtières partout dans le monde. La capacité de repérer ces petits bateaux est extrêmement mince dans la plupart des pays, notamment aux Etats-Unis où certains états ne surveillent quasi pas leurs côtes. De cela, il découle que le rôle des gardes-côtes dans la lutte contre le terrorisme pourrait s'accroître, de même que les moyens mis à leur disposition.
  • Les dispositifs développés par l'Union Européenne et ses pays membres le long des côtes de la Méditerranée afin de lutter contre l'immigration clandestine et les petites embarcations parfois utilisées pour transporter les clandestins pourrait bien attirer des regards curieux de la part de la communauté contre-terroriste mondiale afin d'adapter ces dispositifs à la lutte contre le terrorisme.
  • Les moyens techniques utilisés par les assaillants de Bombay/Mumbai (GPS pour naviguer le long des côtes; Google Earth pour la reconnaissance de terrain virtuelle; téléphones portables non traçables pour les communications) soulignent non pas seulement le saut qualitatif effectué par les terroristes, mais aussi, et plus simplement, leur capacité à utiliser tous les moyens mis à leur disposition grâce à la mondialisation.

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lundi 13 octobre 2008

Entre Glocalisation et Globalisation: Le Cas Ouzbek (UPDATED)

J'ai déjà parlé à plusieurs reprises de la menace jihadiste en Allemagne dans ce blog. Cependant, je n'ai que peu parlé de l'Union du Jihad Islamique (UJI), le groupe terroriste ouzbek qui semble dominer la filière allemande. Dans ce court billet, je ne compte pas m'étendre sur ce groupe que j'avoue peu connaître (même si j'ai lu une série de textes dessus, j'attends surtout les résultats d'une étude conduite par l'un des mes amis chercheurs dans un think tank ici). En effet, je note que peu ou prou d'études se sont penchées spécifiquement sur la connection allemande de l'UJI. Et, pour moi, le réseau demeure en grande partie obscur. La connection semble en fait essentiellement liée à une question linguistique et culturelle (le groupe étant turcophone, ce qui semble plus adéquat pour plaire à une forte population immigrée turque en Allemagne). Peut-être y-a-t-il également des questions plus "historiques", l'Allemagne étant traditionnellement plus tournée et ouverte vers l'Est que vers le Sud (et donc le Maghreb) contrairement à la France ou à l'Espagne.

L'objectif de ce billet est plutôt lié à l'évolution très intéressante et singulière qu'a subi l'UJI. En effet, le groupe s'est scindé à partir d'un autre groupe terroriste ouzbek (l'Union pour un Mouvement Islamique - UMI) fortement implanté en Ouzbékistan et qui combat le régime en place. Contrairement à l'UMI, l'UJI est plus radical dans son interprétation de l'Islam, mais la scission a essentiellement été le résultat d'un désaccord sur la stratégie, plus que sur l'idéologie. Si l'objectif de l'UMI est local (ou "traditionnel" pour ceux qui aiment la distinction entre "ancien" et "nouveau" terrorisme), l'objectif de l'UJI est global puisque le groupe a entièrement adopté l'agenda de Ben Laden.

Aujourd'hui, l'UJI est essentiellement implanté au Pakistan (où il dispose de camps d'entraînement), et mène des actions en Afghanistan. Il semble bénéficier de fortes connections dans le monde turcophone, y compris en Allemagne. Cependant, le groupe n'est que faiblement présent en Ouzbékistan et semble peu investi dans les actions locales (qui sont plutôt l'oeuvre de l'UMI).

Dès lors, l'UJI a subi une mutation de la lutte locale vers la lutte globale, avec un abandon presque total de la composante locale. Cette mutation largement (voire totalement) ignorée est pourtant complètement unique et distincte de l'évolution d'autres groupes, comme al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) en Algérie qui, comme je l'ai déjà expliqué, a évolué d'une insurrection locale vers une insurrection glocale, c'est-à-dire ayant un agenda mêlant le global et le local.

L'étude de cette mutation me semblerait une importante contribution à la littérature et à la communauté contre-terroriste, afin de pouvoir évaluer en connaissance l'ensemble des scénarios possibles d'évolution du jihad mondial.

UPDATE: Il semble qu'il y ait eu transmission de pensée puisque la NEFA Fondation vient de publier aujourd'hui (donc un jour après mon article) un rapport sur l'UJI.

En outre, il me revient à l'esprit qu'Alliot-Marie avait mentionné l'arrestation de terroristes d'Asie Centrale à Mulhouse...s'agissait-il de membres de l'UJI?

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jeudi 18 septembre 2008

Philippines: Prochain Front Jihadiste?

Dans une interview avec la chaîne de télévision arabe al-Jazeera, le chef du Mouvement Islamique de Libération Moro (MILF), Haji al-Murad Ebrahim, a déclaré qu'il ne voulait pas créer un "autre Irak" en Asie du sud-est, mais que si le MILF était poussé "au pied du mur", il n'aurait pas d'autre choix que de rétalier. Ebrahim a ensuite dénié tout lien avec al-Qaïda, tout en soulignant que n'importe quel mouvement pourrait infiltrer la région de Mindanao en raison de "l'absence de contrôle".

Pour plus d'information sur le MILF, y compris la relation entre MILF et le jihad international, je vous invite à relire ma série spéciale.

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dimanche 24 août 2008

Série Spéciale (7/7): Insurrection Moro aux Philippines

Ce dernier billet termine la série sur le Front Moro aux Philippines. Il est consacré au soutien externe, un point particulièrement important pour les leaders du MILF. Aperçu des liens avec la Jemaah Islamiya (JI) en Indonésie, et la question du lien avec al-Qaïda.
Je souligne ici que Romain Lalanne s'attarde également sur l'insurrection philippine dans son blog.

Précédemment: 1- Background, 2- La nature de l'insurrection, 3- La stratégie, 4- L'environnement, 5- Le soutien populaire, 6- L'organisation
Aujourd'hui: Le soutien externe

The MILF has always devoted major efforts to secure external support from the outside Muslim world. Salamat Hashim travelled a lot at the early times of the existence of the MILF and developed both overt and covert support networks in Egypt, Pakistan and elsewhere in the Muslim world . Many members of MILF received training in Libya, Malaysia, Syria, Palestine and Pakistan in the 1970-80s.

The most interesting and substantial support comes from the Jemaah Islamiyah (JI), and the potential connection with al-Qaeda. In the 1980s, many Moro Jihadis were trained by Indonesian commanders and fought alongside in Afghanistan. They created lasting ties. In the 90s, MILF offered Indonesians to take advantage of their camps’ structure and asked them some help in building military academies. Indonesians became instructors for young Indonesian Jihadis and for young Moro separatists.

The JI-MILF connection precedes JI’s emergence as a terror organization, but continued after the Bali bombings in 2000. It is hard to tell what the relationships between MILF and al-Qaeda are. Although MILF commanders publicly condemn Jihad and terror attacks since 2003, some experts suggest that they have mounted deadly attacks in collaboration with JI since 2000, and continue enjoying MILF camps facilities, although those have diminished in quality .

The connexion with al-Qaeda is very uncertain. However, it seems that Muhamad Jamal-Khalifa, brother-in-law of Osama Bin Laden had some relationships with MILF in the early 1990s .

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samedi 23 août 2008

Série Spéciale (6/7): Insurrection Moro aux Philippines

Avant-dernier billet de cette série sur l'insurrection Moro. Aujourd'hui, je traite de l'organisation: nombre de membres, structure, personnages-clés, ...

Précédemment: 1- Background, 2- La nature de l'insurrection, 3- La stratégie, 4- L'environnement, 5- Le soutien populaire
Aujourd'hui: 6- L'organisation
Demain: 7- Soutien externe

Philippines Army intelligence figures estimate the number of active members in the MILF at 12,000 . A majority of them are simple guerrillas; a minority is part of the leadership. The MILF is organized according to a very hierarchical structure. Hashim Salamat was the top leader until his death in 2003. On the top of the organization, there is the Central Committee. Just below, military and political affairs are separated in different committees. Lower in the structure are the internal security forces, the intelligence network, internal brigades, commanders of camps…At the very bottom of the structure lies the local commanders and their personal small units .

Before 2000, the MILF possessed with its camps structure a very clear and efficient organization. The central committee had its headquarters in camp Abu Bakar. There was an academy to form warriors and schools to form future leaders. There was a real shadow government ready to take over power once the independence was reached. In those camps, troops ensured security through multiple checkpoints, and self-sustainability was ensured thanks to the support of local population. The large autonomy enjoyed by the MILF made them look to the population as a real alternative to the rule of Manila.

However, it all changed after 2000 and the offensive of the AFP against the camps. Now, the central committee and the leaders are forced to hide again. The shadow governments are only locals, and the MILF rules only small areas. Hence, they lost an important part of their credibility to the eye of the population. Moreover, the succession to Hashim Salamat has not been smooth.

Apparently, Salamat had designated Alim Abdulazziz Mimbantas, commander of the Internal Security Force and intelligence network, as his natural successor. But after three weeks, Mimbantas gave up the leadership to his rival, Al-Haj Murad Ebrahim, former vice-chairman for military affairs. Beyond the difficulties to maintain the succession smooth, Murad was facing two problems: he was even less good at unifying the different Moros ethnies than Salamat; and he seems to have lost a lot of power on local commanders. The gain of autonomy by local leaders started under Hashim’s authority in the aftermath of the 2000 offensive.

It took Murad two years to consolidate his power to the point where he had enough support to negotiate an agreement with the government. However, a new generation of hard-liners starts to question the legitimacy of the old leadership and their capacity to win the revolution . If the MILF had to accept a compromise with Manila, offering more autonomy but no independence to Mindanao, it is possible that a new splinter group will appear, eventually with deeper ties with Jihadi groups.

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vendredi 22 août 2008

Série Spéciale (5/7): Insurrection Moro aux Philippines

Aujourd'hui, dans la série sur le Front Moro et l'insurrection philippine, j'analyse le support populaire dont bénéficie les insurgés.

Précédemment: 1- Background, 2- La nature de l'insurrection, 3- La stratégie, 4- L'environnement
Aujourd'hui: Le soutien populaire
Demain: L'organisation


As the MILF opted for a strategy of protracted popular war, popular support is very important to them. They enjoy a good deal of support in the rural areas, but also in the cities. MILF adopted a strategy very similar to Mao’s. Hence, the research for active popular support in rural areas is the group’s priority. It is very hard to estimate the extent of the support to the insurgency – if not impossible – due to the lack of datas available. Hashim Salamat pretended once in an interview that 85% of the Moros actively support the MILF . It is very likely to be much less.

The active members and the masses are very poor Muslims, with little or no education. The leadership, on the contrary, is more educated. The leadership of the newly created MILF in the 1970s was composed of religious scholars and former students in Islamic schools in the Philippines, Pakistan, Saudi Arabia, Kuwait, Egypt and Sudan . Hashim Salamat attended Al-Azhar University in Cairo from 1959 to 1969, leaving with an “all but dissertation” doctorate . In Egypt, he was very much influenced by the ideas of Muslim Brotherhood radical Syed Qutb. He was also contemporary at Al-Azhar with Burhanuddin Rabbani and Abdul Rasuf Sayyaf, later leaders of anti-Soviets mujahidin in Afghansitan.

In order to gain popular support, MILF uses several techniques. They resort to an Islamic call; they emphasize social, economic and political grievances against the Christian Filipino government; finally, through their system of camps, they demonstrated to the people their ruling capacity (offering administrative, social and security services).

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Série Spéciale (4/7): Insurrection Moro aux Philippines

Ajourd'hui, dans la série spéciale sur l'insurrection philippine, j'adresse l'environnement. Par là, j'entends l'environnement au sens large, c'est-à-dire la géographie, les ressources et la démographie.

Précédemment: 1- Background, 2- La nature de l'insurrection, 3- La stratégie
Aujourd'hui: 4- L'environnement
Demain: 5- Le soutien populaire


The MILF guerrilla takes place on islands and archipelagos. Hence, their operations are highly restricted to local areas. At first glance, this might look as an advantage for a separatist movement. Nevertheless, the geography has become a concern for the MILF. Indeed, their relative disregard for non-Maguindanao Moros, did not only cost them the support of other ethnies, but it also cost them support from some entire islands. The group is essentially composed of Maguindanao ethnics, as opposed to the MNLF which was mainly Tausung but had a broader nationalistic approach and tried to unify the Moros.

Concerning the geography of the islands, it is essentially made of jungle and mountains; a terrain very favorable for guerrilla operation. Most of the freed areas are in the countryside. The Abu Bakar camp, for instance, enjoyed an ideal situation, protected from the AFP by the mountains, and from the Air Force by the thick forest. The guerrillas take advantage of the jungle for their hit-and-run operations.

The Environmental factor

It should be mentioned here that the environment itself exacerbate the tensions in southern Philippines. Mindanao is the country’s richest region in oil and gas. It has also very fertile soils that provide food for the entire country. The strategic importance of Mindanao explains partly why Manila does not accept Muslim separatism.

The exploitation of Mindanao’s resources increases tensions between Muslims and Christians. As the region depends almost exclusively on agriculture, environmental degradation (mainly due to energy exploitation and deforestation) causes loss of livelihoods among the poor rural Muslim population and eventually exacerbates grievances against the central government.

Human environment

Muslims represent only 20% of the total population of Mindanao, and are a majority in only five provinces. Moreover, Muslims do not constitute one single unified group. Instead, Moros are divided along 13 different ethnolinguistic groups . Another characteristic of the demography in Mindanao is that Muslim population is essentially rural and very scattered, separated by Christian communities. The Sulu Archipelago is mainly Muslim. Nevertheless, it is almost exclusively populated by Tausung Moros, which were closer to the MNLF. Hence, MILF group finds only a relative support in Sulu.

Southern Philippines’ human environment favored a rural insurgency with very local bases. However, the divisions among a slight and scattered Muslim community restrict the mobilization’s capacity and appear to be an obstacle for reaching the last phase of guerrilla: conventional warfare.

The Muslim areas are the poorest in the Philippines. The Autonomous Region in Muslim Mindanao (ARMM) ranks in last position according to the regional GDP and GDP/capita . The economic disparities are even more striking when taking into account that the GDP also reflects the incomes of the richest Christian community leaving in the region.

In fact, the inequalities between Christians and Muslims in Mindanao go back to the 1950s when Mindanao and the surrounding islands were seen as a new Eldorado and attracted a massive influx of new migrants. The population in Mindanao grew from 0.7 million in 1948 to 2.3 million in 1970 . Competition for the land turned in favor of Christian Filipinos, backed by the state. The demographic change provoked a tightening of clanic, ethnic and religious ties. As the migrations accelerated in the 1960s, growing inequalities triggered interconfessional tensions, unknown until then, between Christians and Muslims.

However, no separatist Muslim movement was created until the press and politicians made public some summary executions of Muslim (Tausung) soldiers within the Filipino army. Those revelations produced massive indignation among the Muslim community and gave birth to the MNLF.

Regarding the political system, MILF widely enjoyed the democratic transition after Marcos left power in the 1980s to get stronger . It is well-known that transition regime are very fertile for terrorism and insurgencies . Until recently, the Philippines were a country very unstable with no counterinsurgency strategy. Moreover, the South remains largely lawless and out of the control of Manila .

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mercredi 20 août 2008

Série Spéciale (3/7): Insurrection Moro aux Philippines

La troisième partie de cette série spéciale sur l'insurrection philippine est consacrée à la stratégie et aux tactiques du Front Islamique de Libération Moro. Comme je l'explique dans ce chapitre, le MILF est une insurrection dans l'une des ses formes les plus pures.

Précédemment: 1- Background, 2- La nature de l'insurrection
Aujourd'hui: 3- La Stratégie
Demain: 4- L'environnement

The MILF inherited their strategy and most of their members from the MNLF. Members are cautiously following Mao’s warfare doctrine. Their strategy is one of protracted popular war. It is a strategy of guerrilla that evolves through three phases: strategic defensive (survival, political organization, low level of violence), strategic stalemate (guerrilla warfare), and strategic offensive (conventional attacks on a large scale). The MILF went through the two first phases and even reached an advanced level of strategic stalemate but in 2000 they eventually regressed to an inferior level of guerrilla organization.

In an interview, Salamat Hashim, leader of the MILF, explained this strategy very clearly: “The MILF led up a program to be implemented phase by phase in twenty years (from 1981-2000). This program covers all aspects of Jihad in the way of Allah and human endeavors, but it gives special attention to the following:

• Islamisation of all aspects of life of the Bangsamoro people
• Military build-up
• Self-reliance
• Strengthening and improvement of organisational, administrative and managerial capability” .

A strategy of camps

The bases of the insurgency are local. Field commanders have always had the largest share of operational power. But Salamat Hashim wanted to bring the MILF to a superior level of guerrilla warfare. He began creating a vast network of camps in 1976, which sheltered warriors, supporters, schools, and military academies. By 2000, the movement claimed to possess 46 camps – 13 majors and 33 minors . Some of those camps stretched across several municipalities.

This strategy of camps illustrate Hashim’s objectives: self-reliance (reliance on local crops); military build-up (through military academies); and improvement of organisational, administrative and managerial capability (embryonic sovereignty).

The camps offered several advantages. First, it eased the vertical communication between the central committee and the field commanders, and the horizontal communication between the camps’ leaders. Second, the establishment of such “safe havens” had a positive impact on the local population who could enjoy the peace provided by the MILF guerrillas. Third, the camps gave the MILF a form of embryonic sovereignty, with political, religious and military power that provided the insurgent group some legitimacy and could be used later as a basis for the creation of an independent state.

The strategy of camps allowed the MILF to develop considerably and form a skilled army. The camp Abu Bakar, the most important camp, had a military academy (with professors that experienced guerrilla warfare, essentially in Afghanistan) and arms factory (manufactures of RPGs).

The drawbacks of the camps’ strategy appeared when the Armed Forces of the Philippines (AFP) destroyed several camps, including Abu Bakar, in a 2000 military offensive. That major offensive had an important centrifuge effect on the structure of the group and forced the MILF to go back to a strategy of smaller units using hit-and-run tactics. The MILF retrograded from a six-division force (each division was subdivided into six brigades, themselves subdivided into six battalions) with highly skilled, armed and cohesive to a nine Base Commands system (subdivided into units and sections) . In 2002, it was estimated that the insurgency had 65 bases, but all of small size . In this new configuration, field commanders enjoy much more freedom of action.

At first glance, the pre-2000 military organization of the group could suggest that the MILF had reached the third and final phase of Mao’s strategy: the strategic offensive. Indeed, the six-division structure of the guerrillas under one unique central command, stationed in a position of static defense in the Abu Bakar camp, is a very conventional strategy. However, when the AFP attacked the camp, they encountered no resistance. The MILF followed Mao’s advice: do not cherish your base. They decided that the group survival was more important than the defense of the base. Hence, they fled and reorganized themselves in smaller hidden units.

Tactics and armament

The MILF uses essentially ambushes and hit-and-run guerrilla tactics against military targets. They sometimes resort to terrorism tactics against businesses in order to extort some money. However, those acts remain isolated. Generally, the group tries to be self-reliant. Moreover, terrorist acts are exclusively oriented against Christian businesses in order not to alienate the Muslim population.

Concerning the weapons, insurgents use .45 calibre, M-1 Garand, M-16, M-14 and 7.62mm FN FAL assault rifles, and M-60, .30 and .50 calibre machineguns . Explosives are also used. Since most of these weapons are exactly the same than the ones used by the Filipino army, it is possible that the insurgents steal or even buy them directly from the AFP .

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mardi 19 août 2008

Série Spéciale (2/7): Insurrection Moro aux Philippines

On continue la série spéciale sur le Front Islamique de Libération Moro. Hier, j'avais adressé quelques éléments de background. Aujourd'hui, place aux objectifs du groupe.

Précédemment: 1- Backrgound
Aujourd'hui: 2- La nature de l'insurrection
Demain: 3- La stratégie


“What we want is to achieve freedom and independence for Mindanao's Muslims”, said a MILF field commander to the BBC . The goal of the MILF is rather clear: they want to break apart from the Filipino sovereignty. “We would rather die fighting for an independent homeland than continue living under this oppressive system” , the commander known by his radio codename Congressman added.

The MILF is a secessionist group. They want to withdraw from the Filipino political community of which they officially belong but that they do not recognize. They also dislike the Filipino political system. Their ultimate goal is to create a new Islamic state for the Moros in the islands of Mindanao and Sulu Archipelago, which represents a total of 13 Philippine provinces.

Salamat Hashim, founder of the MILF, established the six following objectives :
• To make supreme the Word of Allah
• To gain the pleasure of Allah
• To strengthen the relationship of man with his Creator
• To strengthen the relationship of man and man
• To regain the illegally and immorally usurped legitimate and inalienable rights of the Bangsamoro people to freedom and self-determination
• To establish an independent state and government and implement Shari'ah (Islamic Law).

A changing goal…

Originally, the MNLF wanted to create a secular independent Muslim state. In the 1970s, Salamat Hashim and his followers created a new wing inside the MNLF much more militant and faith-oriented. When the MILF was officially created, it was more religious than the MNLF, with clerics and former mujahideens among the leadership. The new group did not only demand an independent state, they wanted it to be Islamic.

Although both groups had the same separatist goal, the MNLF backed down in 1996 and signed an agreement with the government that created an Autonomous Region in Muslim Mindanao. There are some signs today that the MILF, which splintered from the MNLF because they refused the agreement, could agree on a new similar peace agreement providing more autonomy and self-government but no secession of Mindanao.

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lundi 18 août 2008

Série Spéciale (1/7): Insurrection Moro aux Philippines

Depuis la semaine dernière, le conflit des Philippines réapparaît dans les médias (ici) et dans les blogs (ici et ici). Comme ce conflit est largement méconnu et sous-étudié, je propose une petite analyse de l'insurrection menée par le Moro Islamic Liberation Front (MILF) divisée en 7 chapitres, soit un article par jour durant toute cette semaine: 1-Background; 2- La nature de l'insurrection; 3- La stratégie; 4- L'environnement; 5- Le support populaire; 6- L'organisation; 7-Le support externe.

Notons directement que je ne suis pas un expert de l'Asie du Sud Est, donc il ne s'agit que d'une analyse "primitive". En outre, je ne m'intéresse qu'au MILF qui ne constitute qu'une partie de l'insurrection philippine qui comprend également le groupe Abu Sayyaf, et un mouvement communiste. Finalement, l'analyse publiée est faite d'extraits d'un travail que j'ai écrit dans le cadre d'un cours sur les insurrections modernes pour la George Washington University...et est donc en anglais.

Aujourd'hui: 1-Background
Demain: 2- La nature de l'insurrection


The insurgency in southern Philippines is about sovereignty and independence. However, religion plays a central role as the conflict opposes Muslims and Christians in Mindanao and Sulu Archipelago, in Asia’s only Christian country.

Islam arrived in Southeast Asia around the 9th century. Sulu became a Sultanate in 1450 and Mindanao in 1619. Muslims in southern Philippines have never constituted a unified group. Instead, They are divided into 13 different ethnies. It is the Spanish who artificially pooled the different Muslim ethnic groups under one common appellation: the Moros.

Spain ceded the Philippines to the United States by the treaty of Paris, on December 10, 1898, but the two Muslim Sultanate of Mindanao and Sulu were never really submitted. At the declaration of independence in 1946, the two territories were included in the new independent state without any consultation.

After a wave of terrorist actions in the 1950s, a Moro nationalist movement started in the 1960s creating the substrate for the future insurgency. Besides some political and cultural demands, the Moros had social and economical concerns. Indeed, a policy of internal migrations initiated under the American authority and accentuated after World War II marginalized Muslims in their historic territories. In 1903, Moros constituted 70% of the population in Mindanao. Nowadays, they are only 20%. Moreover, the massive influx of Christian migrants reinforced the ethnic/religious identities. Furthermore, the inequalities that resulted from those migrations – rich Christians living alongside poor Muslims – exacerbated Muslims’ grievances against the central government.

In 1972, the Moro National Liberation Front (MNLF) was created. The armed insurgent group struggled for the creation of an independent Muslim state in southern Philippines. In 1976, as the MNLF held talks with the government and eventually reached an agreement, some members decided to break away as they refused to negotiate. Hashim Salamat, second-in-command of the MNLF created the Moro Islamic Liberation Front (MILF) which continued the struggle for the independence until recently. The group is now engaged in a peace process with the government.

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lundi 21 juillet 2008

Menace Terroriste sur les Jeux

Deux explosions dans des bus dans la ville de Kunming auraient fait 2 à 3 morts et une dizaine de blessés. Les causes de l'attentat ne sont pas encore connues, mais déjà les soupçons de terrorisme sont présents. A quelques jours des Jeux Olympiques, c'est évident. En fait, des explosions contre des bus en Chine, du fait de citoyens mécontents, ne serait apparemment pas quelque chose de totalement inconnu. Donc, il faudra attendre les conclusions de l'enquête.

En attendant, ce qu'on peut déjà conclure, c'est que la menace terroriste est bel et bien présente sur les Jeux, comme l'indiquait récemment le directeur de la sécurité des Jeux. La menace est en outre multiple. Elle peut venir de terroristes locaux, notamment les séparatistes ouïgours du Mouvement Islamique du Turkestan Oriental (qui entretiendraient des liens avec les mouvements islamiques globaux), mais aussi des groupes plus "internationaux" qui cherchent à produire des attentats spectaculaires à tout moment (à cet égard, le fait que des Chinois aient été aperçus dans des camps d'entraînement au Pakistan n'est pas pour rassurer), ou encore par des individus isolés, soit liés au terrorisme (loups solitaires), soit simplement des mécontents (comme peut-être l'explosion des bus de ce lundi).

Malgré l'incroyable déploiement de force attendu à Beijing, le maintien de la sécurité va s'avérer un véritable défi dans cette mégalopole saturée par l'afflux de touristes étrangers. Les yeux sont désormais tournés vers la Chine...

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jeudi 10 avril 2008

Jihad en Chine: Vidéo d'une Exécution

Selon MEMRI, une vidéo du Mouvement Islamique du Turkestan Oriental (MITO), dont j'ai parlé dans un article précédent, postée sur le site islamiste alhesbah montre l'exécution de trois otages chinois par le groupe.

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Attentats Déjoués en Chine

Les Chinois ont annoncé avoir déjoué un nouveau complot terroriste mis en oeuvre par les séparatistes ouïgours du Mouvement Islamique du Turkestan Oriental (MITO). Selon les autorités chinoises, 45 individus ont été arrêtés. Ils sont accusés d'avoir planifié des attentats suicides et l'enlèvement d'athlètes olympiques. MITO est reconnu comme un groupe terroriste par les Nations Unies et est présumé avoir des liens avec al-Qaïda.

Il existe évidemment de nombreuses raisons de douter de la sincérité des Chinois. En outre, concernant l'utilisation d'attentats suicides, notons que, même si c'est possible, ce serait une première.

La difficulté d'évaluer la véracité des accusations chinoises tient dans la fermeture du régime. Cependant, rationnellement il n'est pas impossible que les Ouïgours utilisent les Jeux Olympiques pour faire connaître leurs revendications. Les commentaires que j'avais fait précédemment restent valides.

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dimanche 30 mars 2008

Sport et Terrorisme: Drones pour l'Euro 2008

L'Allemagne a apparemment échappé de justesse à un attentat terroriste lors du match d'ouverture de la coupe du monde en 2006. Pékin a récemment émis certaines inquiétudes concernant le risque potentiel d'attentats terroristes durant les Jeux Olympiques. Le Paris-Dakar ne se fera plus en Afrique à cause du terrorisme.

La relation entre sport et terrorisme n'est pas neuve. Tout le monde se rappelle de Munich. Mais, ces derniers temps, la menace terroriste sur les grands évènements sportifs est en pleine expansion. Pourquoi? La réponse est simple: pourquoi les terroristes se priveraient-ils de cette formidable fenêtre d'opportunité constituée par ces évènements retransmis à l'échelle planétaire grâce aux médias? Que faut-il faire? Certainement pas annuler ces évènements, puisque cela signifierait une victoire (partielle seulement) du terrorisme, puisque leur objectif est justement de...terroriser. La solution tient donc dans un renforcement des systèmes de sécurité. Dès lors, on appréciera l'annonce de l'utilisation de drones au dessus des stades lors de l'Euro 2008 en Suisse et en Autriche, même si leur fonction première n'est pas la lutte contre le terrorisme. Note: Le cas du Paris-Dakar est un peu différent puisque, par nature, les garanties de sécurité sur un tel parcours sont quasiment impossibles.

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mardi 11 mars 2008

La Chine Lance sa Guerre contre le Terrorisme

Les Jeux Olympliques de Pékin verront-ils planer l'ombre menaçante du terrorisme? A en croire les autorités chinoises, oui. Vendredi, un avion de la China Southern aurait été la cible de terroristes ouïgours. "L’équipage a déjoué un projet d’attentat terroriste", a annoncé le gouverneur de la province du Xinjiang, région du Nord-Ouest de la Chine où se trouvent les séparatistes ouïgours. Fin janvier, la police avait annoncé le démantèlement d'un "gang terroriste" dans le même Xinjiang. Un an auparavant, la police avait détruit ce qui aurait été un camp d'entraînement pour terroristes.

Selon l'agence de presse Xinhua, la lutte contre le terrorisme serait devenu l'une des priorités du gouvernement chinois. Wang Lequan, chef du Comité du Parti communiste chinois pour la région du Xinjiang, s'est dit résolu à combattre les "trois forces du mal" à savoir les séparatistes, les terroristes et les extrémistes dans la région autonome Ouïgoure du Xinjiang.

Cette annonce est quelque peu surprenante. En effet, le terrorisme est un phénomène très marginal en Chine. Le Département d'Etat américain ne mentionne pas la Chine dans son dernier rapport sur le terrorisme (2006), et selon la base de données MIPT, la dernière attaque terroriste en Chine remonterait à 2005. Cette même base de données ne comptabilise que 22 attaques terroristes depuis 1976. Ce qui peut signifier trois choses: soit il n'y a pas de terrorisme en Chine; soit le gouvernement chinois garde tout cela très secret; soit les autorités chinoises sont très efficaces dans la lutte contre-terroriste. Personnellement, je crois qu'il y a un peu des trois.

L'annonce très remarquée de ces attaques terroristes, cependant, pose deux autres questions: pourquoi cette annonce, et pourquoi maintenant?

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