Le conflit qui se joue entre Israël et le Hamas dans le bande de Gaza en ce moment ne se limite pas aux échanges de feu sur le champs de bataille. Bien sûr, les frappes israéliennes et les lancements de roquettes palestiniennes constituent l'élément central de cette guerre. Car, pour Israël, il s'agit d'affaiblir le Hamas et de maintenir sa "capacité de dissuasion". Du côté du Hamas, il s'agit de ne pas perdre la face et de démontrer sa résilience. En effet, si le Hamas ne perd pas, il gagne.
Mais la guerre est aussi, en grande partie, une guerre de propagande. D'un côté, les Israéliens veulent convaincre que le Hamas est un groupe terroriste, qui tue d'innocents civils et qui est responsable pour l'absence de paix au Proche-Orient. Afin de s'assurer que c'est bien cette vision du conflit qui sera véhiculée, les autorités israéliennes empêchent les journalistes d'entrer dans Gaza, pour éviter qu'ils ne montrent les images de victimes palestiniennes (surtout femmes et enfants). En outre, Israël prend soin de contrôler son message sur internet. Ainsi, les forces armées (IDF) ont créé une chaîne sur 'Youtube' où l'on peut voir notamment des frappes aériennes chirurgicales, censées démontrer la discrimination effectuée entre civils et combattants palestiniens.
De l'autre côté, les responsables du Hamas utilisent les bombardements israéliens pour démontrer ce qu'ils qualifient de "terrorisme d'état" et de "colonisation sioniste". Les images des victimes civiles sont montrées sur al-Aqsa TV, la chaîne du Hamas, et répercutées sur tous les forums islamistes. Les forces israéliennes ont bombardé les quartiers généraux de la station (la guerre de propagande consiste aussi à essayer d'empêcher la propagande de l'adversaire), mais celle-ci continue d'émettre depuis une unité mobile. Le Hamas est également présent sur l'internet, un outil déjà bien maîtrisé par les islamistes. A un moment, le Hamas avait même créé 'Aqsatube', une copie de 'Youtube' pour les djihadistes, mais ce site a été mis hors service depuis lors.
La "guerre de propagande" comprend également des campagnes d'attaques virtuelles sur les sites ennemis. Ainsi, par exemple, un certain nombre de hackers arabes ont piraté plusieurs importants sites internet israéliens en remplaçant la page d'accueil par des messages du type "Arrêtez le massacre".
mercredi 7 janvier 2009
Conflit à Gaza: La Guerre est aussi sur la Toile
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Libellés : Cyber, Proche-Orient, Terrorisme
jeudi 18 septembre 2008
MPE veulent Inscrire le Hezbollah sur la Liste des Organisations Terroristes
Un groupes de parlementaires européens, composé de plusieurs tendances politiques, a lancé une campagne visant à faire pression sur les gouvernements et sur l'Union Européenne pour que le Hezbollah soit reconnu comme un mouvement terroriste. A ce jour, seuls les Etats-Unis, Israël, le Canada et les Pays-Bas considèrent le Hezbollah comme mouvement terroriste. La Grande Bretagne et l'Australie se limitent à la branche militaire. En Europe, c'est essentiellement la France qui s'oppose à une dénomination contre le "parti de Dieu".
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Libellés : Europe, Proche-Orient, Terrorisme
mercredi 3 septembre 2008
Culte au Hezbollah
Photo: The New York Times
Deux enfants en habits militaires sont pris en photo par leur père lors d'une exposition organisée à la gloire de Imad Mugniyah, l'un des plus célèbres commandants militaires du Hezbollah au Liban, mort en février dernier dans une mystérieuse explosion. L'exposition a commencé le 15 août et met en valeur le "martyre" (dont les effets personnels sont exposés derrière une vitrine contre laquelle les visiteurs viennent pleurer et prier) et le Hezbollah (via des pièces d'armement comme des missiles anti-chars, ainsi que du matériel militaire israélien détruit ou capturé).
Quelle que soit la dénomination que l'on accorde au Hezbollah (parti politique, mouvement de résistance, groupe terroriste), le Hezbollah est sans aucun doute une idéologie et un culte, ainsi qu'un mouvement de socialisation qui débute dès le plus jeune âge.
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Libellés : Proche-Orient, Terrorisme
mardi 15 juillet 2008
L'Histoire du Dr Fadl
A ne pas rater, The Guardian publie sur son site internet l'histoire du fameux Dr Fadl, a qui j'ai deja fait allusion dans ce blog, en trois volets fort interessants. En attendant de recuperer un clavier AZERTY, je vous propose donc de decouvrir comment l'un des fondateurs et principaux ideologues d'al-Qaida a fini par se detourner de Ben Laden et publiquement denoncer le terrorisme.
The Heretic - Part One
In May 2007, a fax arrived at the London office of the Arabic newspaper Asharq al-Awsat from a shadowy figure in the radical Islamist movement who went by many names. Born Sayyid Imam al-Sharif, he was the former leader of the Egyptian terrorist group al-Jihad, and known to those in the underground mainly as Dr Fadl. Members of al-Jihad became part of the original core of al-Qaeda; among them was Ayman al-Zawahiri, Osama bin Laden's chief lieutenant. Fadl was one of the first members of al-Qaeda's top council. Twenty years ago, he wrote two of the most important books in modern Islamist discourse; al-Qaeda used them to indoctrinate recruits and justify killing. Now Fadl was announcing a new book, rejecting al-Qaeda's violence. 'We are prohibited from committing aggression, even if the enemies of Islam do that,' Fadl wrote in his fax, which was sent from Tora Prison, in Egypt.
The Heretic - Part Two
Meanwhile, a furtive conversation was taking place among the imprisoned leaders of the Islamic Group. Karam Zuhdy remained incarcerated, along with more than 20,000 Islamists. 'We started growing older,' he says. 'We started examining the evidence. We began to read books and reconsider.' The prisoners came to feel they had been manipulated into pursuing a violent path. Just opening the subject for discussion was extremely threatening, not only for members of the organisation but for groups that had an interest in prolonging the clash with Egypt's government. Zuhdy points in particular to the Muslim Brotherhood. 'These people, when we launched an initiative against violence, accused us of being weak,' he says. 'They wanted us to continue the violence. We faced very strong opposition inside prison, outside prison and outside Egypt.'
The Heretic - Part Three
Fadl's arguments undermined the entire intellectual framework of jihadist warfare. If the security services in Egypt, in tandem with the al-Azhar scholars, had undertaken to write a refutation of al-Qaeda's doctrine, it would likely have resembled the book Dr Fadl produced; and, indeed, that may have been exactly what occurred. And yet, with so many leaders of al-Jihad endorsing the book, it seemed clear that the organisation itself was now dead. Terrorism in Egypt might continue in some form, but the violent factions were finished, departing amid public exclamations of repentance for the futility and sinfulness of their actions.
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Libellés : Afrique, Al-Qaïda, Proche-Orient, Terrorisme
dimanche 27 avril 2008
Le Hamas Construit des Drones (?)
Le Hamas serait en train d'assembler un ou plusieurs drones bombardiers, en collaboration avec les Frères Musulmans. La révélation aurait été faite par un membre des Frères Musulmans durant une séance d'interrogation par la police égyptienne. Le Hamas a dénié.
Je ne sais pas vraiment quoi faire de cette information...
Si cela se confirme, cependant, il s'agirait d'un incroyable progrès technologique du côté palestinien.
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Libellés : Guérilla, Proche-Orient, Terrorisme
samedi 26 avril 2008
Vidéo des Installations Nucléaires en Syrie
Voici la vidéo sur les installations nucléaires syriennes que les services de renseignement américains ont présenté au Congrès. Merci à Zone Militaire pour cette intéressante vidéo.
Online Videos by Veoh.com
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Libellés : Nucléaire, Proche-Orient
jeudi 17 avril 2008
La Police Lève le Voile sur le Monde Parallèle d'Al-Qaïda en Turquie
Encore un nouvel article publié dans Terrorism Focus rien que pour vous. Le sujet: al-Qaïda en Turquie. Bien que je sois spécialisé à la base sur le terrorisme en Europe, la Jamestown Foundation m'a demandé de porter un oeil attentif sur la Turquie, en outre de l'Europe que je couvre déjà pour eux (ainsi que de nombreux autres chercheurs bien plus qualifiés que moi...). Comme d'habitude, je copie ici l'article dont le lien permanent est ici.
Police Raids Uncover al-Qaeda’s Parallel World in Turkey
By Thomas Renard
Al-Qaeda is taking roots in Turkey, as indicated by recent police crackdowns and the discovery of a parallel jihadi society in Istanbul. In a two-day operation, Turkish police forces arrested 43 alleged members of al-Qaeda. On April 1, police forces launched four simultaneous raids in four different provinces—Istanbul, Hatay, Gaziantep and Konya. The operation resulted in the arrest of 35 individuals, including the leader of al-Qaeda in Turkey (Sabah, April 2). One day later, 300 security forces, including police forces and Special Forces, launched another raid which resulted in the arrest of 18 individuals. This latter cell had been under surveillance for eight months (Today’s Zaman, April 2). Twenty-four suspects have been indicted by a Turkish court on charges of planning bombings and belonging to a terrorist organization (Southeast European Times, April 8).
During the raids, police forces also seized jihadi material, such as documents and CDs giving instructions for military training, encoded conversations with jihadi groups abroad, attack plans and material related to bomb-making. The cell dismantled on April 2 was specialized in explosives, according to the police (Today’s Zaman, April 2).
The most shocking discovery, however, was not found in the computers of the alleged terrorists, but in the organization’s structure. Indeed, after several months of tight surveillance, the Turkish intelligence uncovered the existence of a parallel jihadi society. First, they discovered an entire underground educational system, developed by Turkish members of al-Qaeda who do not recognize the regime and its secular school system. Children of jihadi militants were not allowed to frequent public schools and received, instead, private Islamic education. Teachers even issued report cards to the children. Second, Turkish forces also discovered a network of clandestine mosques in the Bayrampasa and Bagcilar districts of Istanbul, which were used for jihadi training. Finally, the Istanbul cell also appeared to reject Turkey's legal system and had therefore established its own Islamic legal system (Today’s Zaman, April 4).
The existence of well-developed educational, legal and religious networks seems to indicate a resurgence of al-Qaeda in Turkey. Indeed, according to the police, al-Qaeda cells that perpetrated the infamous 2003 bombings have been reconstituted. On November 15, 2003, two trucks exploded close to two synagogues in Istanbul, killing 27 people. Five days later, two more trucks targeted a HSBC bank and the British consulate, killing 30. In both cases, most victims were Muslim Turks.
The discovery of a parallel jihadi society also sheds some light on the indoctrination and socialization strategies used by al-Qaeda. This underscores the growing threat of home-grown jihadi terrorism within Turkey.
Although al-Qaeda has taken roots in Turkey, it is still largely influenced by “foreigners.” Many of the Turkish members of al-Qaeda received their jihadi training in so-called “jihadi regions,” which include Pakistan, Afghanistan and Iraq. After receiving their training in jihadi camps, terrorists head back to Turkey in order to carry out their mission or raise financial support. Stories of Turkish individuals joining the fight in Iraq are also not rare (AP, June 27, 2007). This mix of home-grown terrorism with foreign influence—which ranges from training, to radicalization, and eventually to attack-planning—is very similar to what is observed in Western Europe.
On April 3, Pakistani forces arrested four Turks in Balochistan. “They are between the age of 30 and 35 and were carrying identity cards showing them as Afghan refugees,” said a Turkish intelligence official. Explosives, some 1,400 rounds of ammunition, and a laptop containing jihadi material were found on the suspects (Arab Times [Kuwait], April 4; Reuters, April 5). Similar arrests have been made in the past; in June 2006, four Turks were arrested while crossing from Balochistan to Waziristan and accused of ties to the Taliban and/or al-Qaeda (Pajhwok Afghan News, June 23, 2006).
The two-day operation launched by Turkish police earlier this month was the second large-scale crackdown on al-Qaeda in Turkey this year. In January, Turkish forces arrested 25 members of al-Qaeda in Gaziantep and Kahramanmaras. Four militants and one policeman died during the clashes. The group was suspected of plotting “sensational” attacks against Turkish “strategic interests” and also against U.S. and Israeli interests (see Terrorism Focus, February 5). It is believed that other al-Qaeda terrorists were planning attacks to avenge the death of their fellows in the January raids (Sabah, April 2).
The arrests earlier this month are related to the April 2-4 NATO summit in Bucharest. Turkish intelligence feared that al-Qaeda could plot an attack in the event of a Turkish decision to expand their International Security Assistance Force (ISAF) contingent in Afghanistan. However, during the NATO summit Turkey did not commit to sending any further troops, despite U.S. pressure to do so. Although it is probable that the government was aware of the terrorist threat, it is not possible to say with certainty whether this knowledge had any impact on Turkey’s decision. Most likely, the decision was motivated by other factors. Diplomatically, Ankara wanted to send a message of dissatisfaction to the United States regarding some of the latest NATO developments, such as the missile shield which leaves Turkey unprotected. Militarily, the priority is the struggle against PKK activities in the southeastern part of the country.
Currently, Turkey has approximately 750 soldiers in Afghanistan. For NATO, the presence of Turkish troops is essential given that it is the only Muslim country within the alliance. Turkey offers the legitimacy needed by NATO to avoid the criticism of organizing a “Christian crusade.” However, Turkey recently expressed its discontent toward NATO after a request for Ankara to send its troops to the more dangerous southern regions of Afghanistan became public (Milliyet, March 20). If Ankara is not willing to send more troops, it could still increase its commitment in Afghanistan. For instance, a dozen military advisers are currently participating in the Operational Mentor and Liaison Team (OMLT) program, and there are plans to increase this contribution (Turkish Daily News, April 2). The OMLT program aims to develop the Afghan National Army (ANA). OMLTs are embedded in ANA battalions providing training and mentoring to support ANA units' operational deployments.
Like most European countries, Turkey recognizes the strategic importance of Afghanistan and Pakistan in the so-called “war on terror.” As mentioned previously, most Turkish jihadi terrorists receive their training either in Pakistan or Afghanistan. Therefore, Turkey’s security depends upon the evolution of the situation within these countries. Yet, like European countries, Ankara refuses to send more troops.
The difference between European countries and Turkey, however, is that the Turkish government does not seem to see al-Qaeda as the main threat to its security (see Terrorism Focus, January 15). The Turkish government considers itself fully part of the “global war on terror,” but it identifies the PKK as the main threat to its domestic security. Indeed, contrary to the reactions after the London or the Madrid bombings, most Turks interpreted the Istanbul bombings as attacks against Israel and Great Britain, not as attacks against Turkey. Moreover, at a time of strong criticism from the moderate Muslim majority concerning growing Islamization of the country, the Islamic ruling party of Prime Minister Recep Tayyip Erdogan is likely to voluntarily diminish the threat of Islamism.
The threat of home-grown jihadi terrorism is growing in Turkey. Nevertheless, despite the two recent police operations, the government seems unwilling to take a strong stance against Islamist terrorism for political, diplomatic and military reasons. This could be a strategic mistake. If al-Qaeda takes roots in Turkey, it could not only affect Turkey’s security, but also endanger Ankara’s candidacy to the European Union.
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Libellés : Al-Qaïda, Europe, Proche-Orient, Terrorisme
mardi 1 avril 2008
La Cyberguerre Aura Lieu sur YouTube
Les groupes terroristes sont passés maîtres dans l’utilisation d’internet. Que ce soit pour recruter de nouveaux membres et communiquer leurs messages via des forums spécialisés, ou carrément pour lancer des cyberattaques contre des sites gouvernementaux. De leur côté, les services de renseignement ont appris à s’adapter. D’une part en surveillant, en infiltrant, et éventuellement en piratant les nombreux forums terroristes ; d’autre part, plus récemment, en se lançant dans des campagnes de recrutement/séduction via internet, comme indiqué par le nouveau blog du Shin Bet israélien, ou par la dernière campagne de recrutement de l’US Air Force intitulée « Un Monde Changeant ».
Grâce à YouTube, le site populaire de partage de vidéos, la guerre de propagande sur internet atteint désormais des niveaux jamais égalés. Depuis plusieurs mois, on remarque un accroissement important du nombre de vidéos jihadistes postées sur YouTube. En janvier 2007, par exemple, al-Qaïda en Irak (AQI) a créé sa propre chaîne télévisée sur le site. La chaîne comprend un grand nombre de vidéos d’attaques contre les forces de la coalition en Irak. Un certain nombre de discours propagandistes est également disponible. En outre, dans une stratégie de conquête des « cœurs et des esprits » des Irakiens, la chaîne télévisée comprend également un clip vidéo intitulé « Prendre soin de la population civile pendant le Jihad » dans lequel les terroristes décident de ne pas faire exploser une bombe au moment du passage d’un convoi militaire en raison de la présence de civils à proximité.
Le problème de la propagande terroriste sur YouTube est pris très au sérieux étant donné la capacité du site de partage à toucher des millions de téléspectateurs à travers le monde. YouTube constitue un nouveau casse-tête pour les services de renseignement qui doivent chaque fois apprendre à s’adapter aux nouvelles stratégies des groupes terroristes. Le nombre élevé de nouvelles vidéos postées chaque jour rend un contrôle effectif du flux presque impossible, aussi bien pour les administrateurs du site, que pour les agences de surveillance.
Dès lors, la solution pourrait bien résider dans le développement d’une intense campagne de contre-propagande. Du moins, c’est ce que semble suggérer le journal The Marker. Selon le journal économique israélien, le gouvernement d’Ehud Olmert serait l’instigateur de la mise en ligne de trois vidéos liées à l’attaque de la Yeshiva Mercaz Harav sur YouTube. L’un des films montre les lieux de l’attentat avec en sous-titre l’appel aux urgences passé par un étudiant pendant l’attaque. La vidéo a été visionnée plus de 5.300 fois en une nuit. L’objectif de ces vidéos est de montrer les horreurs du terrorisme et ainsi dénier toute légitimité aux groupes terroristes.
Selon The Marker, cette nouvelle stratégie pourrait se généraliser lors de futures attaques. Et peut-être d’autres pays choisiront-ils de suivre le modèle israélien s’il s’avère efficace. YouTube devient ainsi le dernier support en date où s’opposent propagandes et contre-propagandes.
Tous à vos postes (informatiques) : la cyberguerre aura lieu sur YouTube.
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Libellés : Al-Qaïda, Cyber, Etats-Unis, Irak, Militaire, Proche-Orient, Terrorisme
mercredi 26 mars 2008
Qui Devient un Terroriste et Pourquoi
La question de savoir qui devient un terroriste et pourquoi ? est sans aucun doute l’une des plus passionnantes dans la littérature spécialisée sur le terrorisme. L’une des raisons évidentes de cet intérêt réside tout simplement dans l’absence de réponse à cette question. L’un des ouvrages les plus remarquables à ce jour demeure le livre de Rex Hudson, « Who Becomes a Terrorist and Why ».
Ces derniers jours, deux articles intéressants parus dans la presse sont venus compléter l’abondante littérature. Au travers de deux cas particuliers, on peut distinguer quelques unes des grandes causes du terrorisme.
Un premier article paru dans le Washington Post raconte la vie de Khalid al-Hubayshi, un Saoudien aujourd’hui âgé de 32 ans, ancien membre d’al-Qaïda. Khalid avait décidé de rejoindre le jihad en 1995. Il était alors un jeune étudiant universitaire à la recherche d’un but dans la vie. La vision des images de Bosnie et le sentiment que personne ne prenait la défense des musulmans l’ont converti au jihad. Cependant, entre temps, la guerre en Bosnie avait pris fin. Il a alors décidé de partir s’entraîner aux Philippines, avant de rejoindre l’Afghanistan en 1997. Deux ans plus tard, il quitte l’Afghanistan. Son motif : il ne voulait pas donner sa vie dans une lutte purement afghane qui ne le concernait pas. Il retourne en Afghanistan en 2001, néanmoins, et rencontre Oussama ben Laden. Après l’offensive américaine, il se retrouve caché à Tora Bora avec ben Laden, attendant que les Américains débarquent à pied pour les combattre. Mais les bombardements aériens se rapprochant, ben Laden prend la fuite, abandonnant Khalid et ses hommes. Plus tard, Khalid sera arrêté et envoyé à Guantanamo. Il a été libéré en 2006, avec la haine non plus contre l’occident, mais contre le leader d’al-Qaïda qui l’a trahi.
L’histoire de Khalid souligne tout d’abord une fois de plus que les étudiants sont une cible privilégiée des recruteurs d’al-Qaïda. En outre, son expérience démontre l’importance des images (que ce soit via des films de propagande ou via les médias) dans le recrutement. En effet, les photos ou les films ont une charge émotionnelle forte, ce qui touche parfois une corde sensible chez certains individus. Une image peut alors devenir l’élément déclencheur dans la décision de prendre part au jihad. L’histoire de Khalid souligne aussi l’importance de l’idéologie chez certains terroristes. D’autres individus, à l’inverse, sont motivés par l’argument économique. Enfin, et de manière très intéressante, la déception à l’égard d’al-Qaïda ressentie par Khalid met en exergue un aspect des groupes terroristes largement sous-étudié : les raisons qui poussent un terroriste à « se ranger ». Michael Jacobson, du Washington Institute for Near East Policy a publié plusieurs articles à ce sujet.
Le deuxième article venu étoffer la littérature sur les causes du terrorisme s’intitule « So you wanna be a Hizbollah fighter ? » paru sur le blog de Time Magazine. A partir de plusieurs interviews avec des membres du Hezbollah, le journaliste isole quelques constantes. La plupart des membres du groupe libanais sont recrutés très jeunes. Ils participent à des stages d’endoctrinement. Dès le début de ces stages, le Hezbollah insiste sur l’idéal de martyre et organise les enfants par « cellules » de cinq, chacune ayant un chef. Les « cellules » participent à des jeux du type chasse au trésor, et se familiarisent par la même occasion avec le fonctionnement des cellules. Une fois un peu plus grands, les enfants sont « exposés » aux mitraillettes AK-47. Tout au long de la formation, les « chefs de stages » identifient les caractéristiques de chaque individu. Ceux qui montrent une grande patience, seront en missions d’observation, les plus intelligents iront dans l’espionnage ou le contre-espionnage. Une fois la formation militaire achevée, les combattants sont envoyés en stage en Iran puis intégrés dans une unité avec des « anciens ».
Le cas libanais montre l’importance du processus de socialisation dans la formation des terroristes. Comme déjà expliqué précédemment dans le cas palestinien, les enfants sont souvent exposés à la violence et à la propagande très jeunes. Etant donné leur faible résistance aux techniques d’endoctrinement, il n’est pas surprenant que beaucoup d’entre eux se retrouvent dans les rangs terroristes ou insurgés.
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Libellés : Al-Qaïda, Proche-Orient, Terrorisme
mardi 25 mars 2008
Briser les Mythes
Ces derniers jours, je suis tombé sur deux lectures assez intéressantes. Non pas que ce soit quelque chose d'inhabituel, mais je trouve important de mentionner ici ces deux articles parce qu'ils brisent deux mythes tenaces, et l'un des objectifs avoué de ce blog est de briser ces mythes.
Le premier article s'intitule "Exposure", paru dans le magazine The New Yorker. Il raconte le cheminement singulier qui a mené des hommes et des femmes ordinaires à commettre les pires atrocités dans la sombre enceinte d'Abu Ghraib. Les auteurs expliquent, par exemple, comment Sabrina, passionée de photos (en levant toujours les pouces en l'air sur chaque photo) et qui ne ferait littéralement "pas de mal à une mouche", s'est retrouvée à participer aux atrocités et à figurer sur des photos humiliantes avec des prisonniers irakiens les deux pouces en l'air...
Les auteurs de l'article ont également produit un documentaire intitulé "Standard Operating Procedure" sur le sujet, grand prix du jury à Berlin, bientôt en salles aux Etats-Unis. Voici la bande-annonce:
Le docteur Zimbardo de l'université de Stanford a déjà commenté à de nombreuses reprises sur les événements d'Abu Ghraib, en faisant référence à sa célèbre expérience qui démontre la facilité avec laquelle des êtres tout à fait normaux peuvent être amenés à commetre des actes qu'ils désapprouvent.
Le deuxième article intitulé "Shadowplays" paru dans The Nation, fait état de la "collaboration" palestinienne avec Israël. Brisant le mythe d'une résistance palestinienne unifiée, l'auteur (se basant sur un livre israélien qui vient d'être traduit en anglais) explique que de nombreux Palestiniens ont collaboré avec Israël (même avant l'indépendance israélienne), fournissant des renseignements permettant, entre autres, des frappes militaires. D'un autre côté, l'auteur souligne le caractère parfois (souvent?) involontaire de cette collaboration: soins hospitaliers contre renseignements. Ceux qui ne collaborent pas sont alors interdits dans les hôpitaux...
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Libellés : De Tout, Irak, Militaire, Proche-Orient
mercredi 27 février 2008
Bugs Bunny au Service de la Propagande du Hamas
Depuis près d’un an, les enfants palestiniens peuvent suivre les aventures de Bugs Bunny et Mickey Mouse, version locale, derrière leurs écrans de télévision. A priori, rien d’anormal. Sauf lorsque l’ersatz palestinien de Mickey Mouse appelle au jihad et au meurtre des caricaturistes danois. En fait, la souris s’appelle Farfour, et le lapin Assoud. Et le programme n’est pas produit par Walt Disney, mais par le mouvement islamiste palestinien Hamas.
Farfour, la souris, est apparu pour la première fois en avril 2007 dans un show télévisé intitulé « Les Pionniers de Demain » sur Al-Aqsa TV, la chaîne télévisée du Hamas. Le programme, destiné aux enfants entre 9 et 13 ans, est diffusé tous les vendredis. Présenté par une jeune fille de 11 ans, voilée, « Les Pionniers de Demain » est l’outil de propagande du Hamas à destination du jeune public. Il prône la destruction d’Israël, le jihad et le martyre.
Quoi de neuf Docteur? Un lapin aux airs de Bugs Bunny appelle au boycott des produits danois et au meurtre des caricaturistes.
Le titre de plusieurs épisodes est révélateur du ton de l’émission : « Farfour contre Bush, Olmert et Condoleeza », « Farfour et le AK-47 », ou encore « Assoud contre le Danemark ». L’émission incite à la haine contre les juifs, à la violence, au terrorisme, au sacrifice ultime et… à boire du lait. La mise en scène dramatique des épisodes (la musique lors de la mort de Nahoul par exemple, voir vidéo après) confronte directement les enfants avec des réalités graves, mais surtout biaisées.
Dans le cinquième épisode, par exemple, Farfour discute avec son grand-père de l’histoire de la Palestine. Le vieil homme explique à la souris que les juifs ont envahi une terre qui appartient aux Arabes, avant de lui offrir des clés et des documents qui prouvent ses dires. Ensuite, des Israéliens arrêtent Farfour, l’interrogent et le battent à mort.
Farfour, le Mickey Mouse du Hamas, est battu à mort par un interrogateur israélien.
Dans l’épisode suivant, Nahoul l’abeille, le cousin de Farfour, prend la relève. Mais il meurt à son tour quelques épisodes plus tard d’une maladie en s’écriant : « Tous les enfants palestiniens meurent sans avoir droit à un traitement. Je ne peux pas mourir, je ne veux pas mourir,… Papa… ». Nahoul est à son tour remplacé par Assoud le lapin, son frère, qui vivait dans un autre pays du monde arabe, abordant ainsi la question du retour des réfugiés. Le lapin rose au sourire figé est bien moins sympathique qu’il n’y paraît puisqu’il prétend « manger les juifs ».
Nahoul l'abeille meurt sans avoir pu être transféré vers un hôpital égyptien.
« Les Pionniers de Demain » aborde toutes les grandes thématiques qui guident l’idéologie du Hamas. L’émission choque non seulement par son contenu, mais surtout par la forme adoptée, la mise en scène et le public visé. Les décors sont très colorés et plein de dessins d’enfants. Les personnages ont l’air inoffensifs et sympathiques. Sans le son, on croirait regarder Casimir. « Les Pionniers de Demain » souligne l’importance des médias et de la socialisation dans la formation des futurs terroristes, comme déjà expliqué dans un article précédent.
Saraa Barhoum, la jeune présentatrice de 11 ans, rêve de devenir docteur. Si elle n’y arrive pas, elle deviendra martyre, dit-elle. A elle seule, elle incarne cette partie de la jeunesse palestinienne convertie à l’idéologie du Hamas. Une jeunesse politisée dès l’enfance, lobotomisée, pour qui le martyre n’est plus seulement une alternative, mais constitue un idéal.
Le programme a créé beaucoup de réactions. Israël et le Fatah, le parti du président palestinien Mahmoud Abbas, ont condamné « Les Pionniers de Demain ». Le manager de la station télévisée, al-Sharawi, a répondu : « Nous n’incitons à rien. Nous présentons des faits. On ne peut pas isoler nos enfants des réalités qu’ils vivent tous les jours ».
Notons quand même, pour conclure, que la propagande à destination des enfants n’est ni nouvelle, ni l’apanage des terroristes. Il suffit de regarder ce vieux Donald Duck de 1943 pour s’en convaincre (bon il avait été censuré par après, mais quand même). Donald reçoit de l’argent et il est déchiré entre deux idées : épargner (pour le bien des Etats-Unis) ou dépenser (et supporter le nazisme). Un délice de propagande.
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