Un nouvel attentat a été commis en Irlande du Nord par l'IRA véritable, groupe dissident de l'IRA, tuant 2 soldats britanniques. Cet attentat nous rappelle que le terrorisme ne prend pas fin facilement ni instantanément. Lorsqu'un groupe est démantelé d'une manière ou d'une autre, certains membres plus radicaux émergent souvent afin de continuer les activités illicites par tous les moyens. En Irlande, l'IRA a mis officiellement fin à ses activités en 2005 en s'engageant sur la voie politique. Pourtant, les violences ont continué par après, de l'oeuvre d'autres groupuscules. Ces faits doivent simplement nous rappeler que la violence politique traverse nos sociétés et peut être canalisée, pas éliminée. Ces leçons s'appliquent également aujourd'hui à l'Irak et l'Afghanistan. A nous, dès lors, de nous interroger sur le seuil de violence politique "acceptable" précédant le retrait des troupes occidentales. En d'autres mots, il est temps de définir ce que signifie le mot "victoire". Ce débat, bien entendu, n'est pas neuf. Mais il demeure essentiel...sans doute plus dans le cadre irakien qu'afghan dans la situation actuelle...
dimanche 8 mars 2009
IRA et la Signification du terme Victoire
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Libellés : Afghanistan, Europe, Irak, Terrorisme
mercredi 15 octobre 2008
Allah Responsable pour la Crise Economique
Le journaliste que j'apprécie beaucoup, Stephen Farrell, publie un article intéressant dans le blog du NY Times, Baghdad Bureau. Il mentionne le fait que les jihadistes irakiens commencent à mentionner la crise économique américaine dans leur propagande. Il n'est pas clair, pour moi, si les jihadistes établissent un lien direct entre la guerre et la crise économique. Mais je ne doute pas que certains le fassent et qu'ils le feront. Voici un extrait de l'article:The Islamic Army in Iraq issued a written statement rejoicing in what it termed its enemy’s “stagnant and moribund economy,” before throwing hurricanes and floods into the apocalyptic mix as further evidence of what it proclaimed to be divine intervention to bring about superpower decline.
The announcement was put out on Sept. 23, 2008 by the emir — leader –- of the I.A.I. according to IntelCenter, an intelligence organization which monitors terrorist groups, their broadcasts and statements.
He wrote: “The United States of America is experiencing a very difficult situation where tragedies are frequent and disasters are numerous at every level and in every sphere… its stagnant and moribund economy; and the successive losses which have put U.S. banks and insurance companies in the eye of the storm that ruined Lehman Brothers Bank, which has filed for bankruptcy along with many other banks.
“The U.S. Government was forced to pump tens of billions of dollars in order to bail out the biggest insurance company in the world a day before its bankruptcy.”
He added: “God causes His winds, hurricanes, torrential rain and floods to harm the United States,” before piling simile upon metaphor to round off the gloat: “The United States has become like a tower which is about to collapse and like a channel which is about to crack. Its pillars are shaky and its strings are undone: It is a cursed country that is doomed to destruction.”
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vendredi 25 juillet 2008
Guerres Asymétriques: Une Question d'Argent?
Dans mon post précédent, j'ai souligné le rôle joué par l'argent pour motiver les insurgés. Maintenant, l'AFP publie une dépêche d'un Irakien membre de la contre-insurrection qui dit que si les Américains ne donnent pas plus d'argent, les membres du "Mouvement de l'Eveil" pourraient retourner dans le camps d'al-Qaïda. Bien que pas vraiment surprenante, cette nouvelle suscite néanmoins une interrogation: tout cela n'est-il qu'une question de zéros?
Probablement pas uniquement. Mais à méditer quand même...
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mardi 22 juillet 2008
Pivotement Médiatique entre l'Irak et l'Afghanistan
Pour de muliples raisons, les projecteurs ont légèrement pivoté de l'Irak vers l'Afghanistan depuis quelques semaines. Tout d'abord, l'une des causes principales est peut-être le succès de la Surge américaine. En effet, il semble que l'adaptation de la contre-insurrection ainsi que l'augmentation du nombre de troupes ait eu quelque chose à voir avec la diminution des violences observées en Irak depuis quelques temps. Al-Qaïda en Irak semble bel et bien en difficulté. Plusieurs rapports récents ont fait mention de mouvements de jihadistes en partance de l'Irak vers d'autres destinations: Somalie, Soudan, mais aussi Afghanistan. Attention toutefois, ceci ne signifie pas l'arrêt de mort d'al-Qaïda en Irak, qui pourrait très rapidement renaître de ses cendres encore brûlantes.
Ensuite, en contraste avec le "succès" irakien, la situation s'est empirée en Afghanistan. En témoigne ce graphique mis en ligne par la NEFA Foundation qui contraste le déclin d'al-Qaïda en Irak avec la poussée des Talibans.
Plusieurs importants rapports publiés ces derniers mois ont également souligné l'"échec" de la coalition en Afghanistan. En outre, aux Etats-Unis, le rapprochement des positions originellement totalement opposées d'Obama et de McCain ont altéré l'intérêt médiatique du sujet.
Une autre importante raison du pivotement médiatique est...le pivotement médiatique lui-même. En effet, sentant le vent tourner, les journalistes les plus aguerris, comme Michael Yon, ont quitté l'Irak pour l'Afghanistan, enclenchant en même temps un cycle médiatique (basé sur le recyclage de l'information) débouchant sur le pivotement médiatique.
Les conséquences de ce pivotement sont multiples. Premièrement, il faut se méfier du danger de déclarer (encore) victoire en Irak. Deuxièmement, le désintérêt médiatique peut se révéler à double tranchant puisqu'il permet d'une part de démêler les stratégies politiques et militaires des pressions électorales, mais d'autre part, avec le désintérêt médiatique et public, les fonds vont aussi se réduire et par conséquent il sera de plus en plus difficile d'aider l'Irak. Troisièmement, l'amélioration du terrain irakien pourrait profiter au théâtre afghan, à condition d'allouer les ressources de manière efficiente. Plus de troupes sont nécessaires sur le terrain, il faut mettre un terme à la culture de pavots, stopper la corruption, renforcer les forces de police et les pouvoirs locaux, etc. Bref, la liste est longue et les moyens limités. Par contre, le focus médiatique sur l'Afghanistan pourra par lui-même participer à la résurgence d'al-Qaïda en Afghanistan, puisque les jihadistes tendent à suivre la mode "médiatique", il s'agira donc là d'un défi supplémentaire pour les forces de la coalition.
En conclusion, disons simplement que le pivotement médiatique entre l'Irak et l'Afghanistan présente des dangers et des opportunités. Il faut être conscient des dangers et saisir les opportunités.
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mardi 1 juillet 2008
Nouvelle Publication (en Français svp!): Insurrection Dynamique
Certains l'attendaient depuis longtemps, eh bien la voici: ma première publication en français (mis à part mon blog et mes articles pour Le Soir bien entendu). Donc précipitez-vous chez votre libraire le plus proche pour vous procurer le dernier numéro de DSI (Défense et Sécurité Internationale, numéro 39) et lire avec enthousiasme (un petit peu quand même, svp) "Entre Mao et Clausewitz : évolution dynamique de la contre-insurrection en Irak (2003-2008)" que j'ai co-rédigé avec Stéphane Taillat. Bonne lecture.
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jeudi 15 mai 2008
Nouvelle Publication: PJAK en Irak
Voici mon dernier article paru dans Terrorism Monitor sur le PJAK, une branche du PKK kurde en Iran, dont les membres sont réfugiés dans les régions au nord de l'Irak. Le PJAK se retrouve au milieu d'une guerre où s'entremêlent les intérêts irakiens, iraniens, kurdes, américains et turcs...bref, le "front kurde" s'avère fragile et instable avec un risque potentiel à l'échelle régionale...le lien permanent est ici.
PJAK in Northern Iraq: Tangled Interests and Proxy Wars
By Thomas Renard
The Kurdish area in northern Iraq has become one of the most complex fronts in the war in Iraq, a place where Iranian, Turkish, Kurdish, Iraqi and American interests clash. An often perplexing role in the region’s conflicts is played by the Party for a Free Life in Kurdistan (PJAK), an Iranian Kurdish offshoot of the Kurdistan Workers’ Party (PKK) that engages in frequent clashes with Iran’s Revolutionary Guards. PJAK claims its aims “are to unite the Kurdish and Iranian opposition, to change the oppressive Islamic regime in Iran and to establish a free democratic confederal system for the Kurds and the Iranian peoples” (PJAK Press Release, May 7). Iran regularly accuses the movement of being a U.S.-funded proxy, but recent PJAK claims that Turkey used U.S. intelligence and U.S.-made bombs in an air raid on a PJAK target have brought the U.S.-PJAK relationship into question.
Soon after the May 1-2 bombing, a PJAK spokesperson announced: “We have changed our stand toward the United States government and we are standing against them now … Maybe someday ... individual combatants might launch suicide attacks inside Iraq and Turkey, and even against American interests” (AP, May 5; Today’s Zaman, May 5). PJAK’s leadership quickly refuted the announcement, describing it as “untrue and fabricated” and in violation of PJAK principles. This did not prevent them from venting their anger with the United States: “The USA tells the world that it has a strategic conflict with the theocratic regime in Iran. But when the Kurdish people in Iran wage a sacrificing, modern struggle for the democratization of the country, they provide the means for an attack on them” (PJAK Press Release, May 7).
War on the Iranian Border
Earlier this week, Turkish warplanes bombed PKK bases in northern Iraq several nights in a row (Today’s Zaman, May 13). During previous raids on May 1-2, Turkish warplanes bombed northern Iraq’s Qandil Mountains, where Kurdish fighters are thought to be hiding. A military statement claimed that more than 150 rebels were killed during the operation (Today’s Zaman, May 5). However, it appears that targets of the bombings were, at least partly, PJAK members, and not exclusively PKK fighters. This would be a sign of increased security cooperation between Turkey and Iran.
PJAK fighters and Iranian troops regularly fight across the Iraq-Iran border, which is part of “Greater Kurdistan” according to the Kurds. On April 14, Iranian artillery shelled PJAK positions in the Qandil Mountains, killing one high-level commander (Hurriyet, April 15). The timing of the shelling—just before a counter-terrorism meeting between Iranians and Turks—was interpreted as a signal of cooperation from Tehran (see Terrorism Focus, April 22). On May 4, Iranian forces captured leading PJAK commander Resit Ehkendi in an operation carried out in the Iranian region of Sakiz. The prosecutor will seek the death penalty for terrorist activities, murder, armed robberies and other illegal activities (Anatolia, May 7). The capture occurred in the context of heightened combat between Kurdish rebels and Iranian and Turkish troops (Anatolia, May 10).
Turkish-Iranian Cooperation
Turkey and Iran signed a memorandum of understanding stating their willingness to develop cooperation on security issues during the 12th Turkey-Iran High Security Commission held in Ankara last month. The fight against the Kurdish insurgency was part of the memorandum. “The escalation in terrorist activities in the region is harming both of the countries,” the document said. “The most effective method for dealing with this illegal problem is an exchange of intelligence and cooperation in the security field” (Today’s Zaman, April 18).
Although worrisome for the United States, this cooperation is unlikely to become very effective, at least in the short-term. Indeed, Turkish officials have publicly expressed their distrust toward the Iranian regime (Today’s Zaman, April 21). It should also be remembered that the previous High Security Commission meeting in February 2006 had reached a similar agreement with little improvement in cooperation (Sabah, April 14). Turkey and Iran are powerful regional actors with divergent agendas. Therefore, both countries are likely to remain competitors, although casual cooperation is possible.
More worrisome to the United States is the growing Iranian influence in northern Iraq, where Iran has established relations with most Kurdish groups. The Patriotic Union of Kurdistan (PUK), for instance, whose leader is Iraqi President Jalal Talabani, sees Iran as a crucial trading partner and as a potential ally to ensure Kurdish security. Last August, “Iranian pressures” allegedly compelled Talabani’s PUK peshmerga militia to attack Kurdish guerrilla fighters (International Herald Tribune, October 22, 2007).
Parallel to the growing influence of Iran in Iraqi Kurdistan, Kurdish support to the PKK and PJAK decreased substantially in Iraq, as indicated by the following: First, the skirmishes with the PUK; second, Kurdish guerrilla fighters in Iraq now concentrate mainly in the isolated Qandil Mountains, where, despite their remoteness, the insurgents are on the run after the recent air raids, according to the Turkish military (Today’s Zaman, May 13). Third, the PJAK leadership recently accused Nechirvan Barzani, the prime minister of the Kurdistan Regional Government (KRG), of collaborating with Turkey and Iran, warning that this could lead to a “national tragedy” for Kurdistan (Hawlati [Sulaymaniyah], May 11). Barzani has condemned PJAK multiple times. In an interview with the pan-Arab daily Al-Sharq al-Awsat, Barzani claimed:
"[The KRG is] determined to maintain the best relations possible with all neighboring countries. Iran is a very important neighbor for us, and we have a very long common border with it. Regrettably, Iran’s occasional artillery bombardments of the border area within the Kurdistan Region because of the presence of PJAK elements mar these relations. I again reassert that we will not allow any armed group to attack any neighboring countries from the territory of the Kurdistan Region" (Al-Sharq al-Awsat, May 10).
A U.S. Proxy in the Struggle with Iran?
Iran accuses the United States of backing PJAK. Iranian intelligence claims to have evidence of such support, but have not produced any proof. Many analysts, however, believe that Iranian assertions might be correct. Undoubtedly PJAK offers a tempting asset for the United States to carry out operations against Iran. It is well known, for instance, that the United States collaborated with the Iranian Mujahedin-e Khalq Organization after the 2003 invasion of Iraq, and even before, although the group was—and is—classified as a terrorist organization by the State Department. Although the United States allowed Turkey to conduct several cross-border raids against the PKK in order to secure a strategic alliance, the United States is unlikely to collaborate with Iran against PJAK. On the contrary, the Bush doctrine of regime change is more likely to lead to the support of anti-Tehran insurgents. PJAK vehemently denies any suggestion of U.S. support: “PJAK is a self sufficient and independent organization. It depends on the Kurds’ and Iranian people’s support, contrary to the Iranian dictatorial regime misinformation campaign that PJAK is getting help from the USA and the West” (PJAK Press Release, May 7).
Osman Ocalan, brother of imprisoned PKK leader Abdullah Ocalan and a founder of PJAK, claims that PJAK has a “good relationship” with the United States and that Americans offer “some military, economic and medical assistance” to the movement (Los Angeles Times, April 16). According to Robert Baer, a former CIA operative with close ties to Kurdish northern Iraq: “I understand that the U.S. provides intelligence to PJAK so that they are better able to protect themselves in any conflict with the Iranians. This force protection intelligence is given to them through the Delta Forces” (Spiegel Online, April 14).
Last summer, PJAK leader Abdul Rahman Haji Ahmadi visited Washington. Officially, he was given a cold shoulder and did not meet any member of the administration. Therefore, it is not clear whether his visit was an attempt to create contacts with the United States—suggesting that such contacts are nonexistent—or whether a planned secret meeting occurred in Washington.
Whether the United States supports PJAK or not, the relationship between the two parties has been generally good so far. Since the beginning of May, nevertheless, tensions have arisen between PJAK and the United States. PJAK leaders, who are usually supportive of the United States, accused Washington of sharing intelligence with Turkey and—indirectly—with Iran, as well as claiming that the Turkish Air Force dropped U.S.-made gas bombs on Qandil during the May 1-2 air raids (Kurdish Aspect, May 7).
The United States is not the only Western country that has paid close attention to PJAK. With a large Kurdish population, Germany also monitors the activities of the group. Last July, Tehran sent a verbal note to the German ambassador to protest against German indifference to PJAK’s “terrorist activities.” Several German citizens are thought to be fighting in PJAK’s ranks. Should one of those fighters kill Iranians or be captured, it could create major diplomatic tensions between Tehran and Berlin and also have a potential impact on German relations with Ankara, and on the large Kurdish and Turkish communities in Germany.
Conclusion
PJAK was created for three reasons: To establish Kurdish activities in Iran; as a means of escaping the PKK terrorist designation; and to obtain U.S. support in actions against the Iranian regime. Although PJAK claims to be different from the PKK, its history, its goals and its leadership suggest that the two groups remain tightly connected [1]. PJAK counts somewhere between 2,000 and 3,000 fighters. Interestingly, half of the members are women, which are gathered under a branch named the Eastern Kurdistan Women’s Union (YJRK). Fighters are trained in hit-and-run tactics and armed with Kalashnikov rifles, rocket-propelled grenades, Russian-made sniper rifles and machine guns.
During the last few years, the Kurdish insurgency has become more than a remote fight for Kurdish nationalism. Untangling the varied national interests at work in the area could have a dramatic impact on the region’s long-term stability. The current balance is extremely fragile and every player acts with extra precaution in an effort to maintain their alliances while pursuing their individual interests.
Notes
1. Soner Cagaptay, Zeynep Eroglu, “The PKK, PJAK, and Iran: Implications for U.S.-Turkish Relations,” The Washington Institute for Near East Policy, PolicyWatch #1244, June 13, 2007.
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jeudi 17 avril 2008
Profil des Jihadistes en Irak et en Afghanistan
Dans un court article paru dans le Small Wars Journal, Clinton Watts examine le profil des combattants étrangers en Irak et en Afghanistan, sur base de documents obtenus en Irak (publiés par le Combating Terrorism Center) et de témoignages de détenus à Guantanamo. Bien que je sois pas entièrement d'accord avec ses recommendations et que j'aie quelques interrogations concernant sa méthodologie, je trouve le profil qu'il dresse très intéressant (surtout parce que cela tient en quelques lignes). Il faut être conscient que ce profil se limite aux combattants en Irak et en Afghanistan, et n'est en rien une indication de ce qui se passe ailleurs comme voudrais le suggérer Watts. Concrètement, donc, le jihadiste en Irak et en Afghanistan est:
- Un jeune homme qui vient de quelques grandes villes d'Afrique du Nord et du Moyen Orient. Il vient essentiellement de pays pauvres et peu démocratiques.
- Le Jihadiste n'a pas été recruté par internet ou par l'organisation centrale d'al-Qaïda, mais plutôt par des anciens combattants, de retour de mission, et des religieux locaux.
- Le Jihadiste est généralement sans emploi, ou étudiant, ou simple travailleur (bon ici, les critères de Watts incluent un peu tout le monde).
- Le Jihadiste n'est pas spécialement pauvre, mais il a du temps libre, ce qui permet sa radicalisation.
- Si le Jihadiste a déjà une expérience du combat, il rejoindra la guérilla. Sinon, il deviendra kamikaze (cette dernière remarque est assez intéressante, car je n'avais jamais vraiment lu une affirmation aussi directe...donc je me méfie aussi naturellement mais cela vaut la peine d'y penser).
Comme je l'ai dit, la description de Watts est sujette à caution. En outre, elle ne m'apparaît qu'à moitié utile, étant donné que cette description inclut grosso modo la majorité de la population du Maghreb et du Moyens Orient (ce qui est en général le cas de toutes les études de profils de terroristes, ce qui démontre simplement que ce sont des individus "comme les autres"). Enfin, au niveau méthodologique, Watts ne reprend pas l'entièreté des données du CTC mais, surtout, il reprend de manière extrêmement surprenante, les données des 19 terroristes du 11 septembre (je ne sais pas pourquoi...).
Bref, je trouve les études de profil toujours intéressantes, et celle-ci souligne quelques points intéressants, mais elle est vouée à être oubliée rapidement.
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mardi 15 avril 2008
Attaque Kurde en Iran?
L'organisation kurde Party for a Free Life in Kurdistan (PJAK), une branche du groupe terroriste kurde PKK active en Iran, menace de lancer une offensive contre l'Iran, annonce l'AFP. Selon un membre du PJAK, les Kurdes ne peuvent plus supporter la suppression iranienne. "Nous avons les moyens de confronter l'Iran à l'intérieur de Téhéran", a-t-il déclaré. Il a également annoncé que le PJAK avait mené une offensive récemment, tuant plusieurs soldats iraniens.
Cette annonce intervient alors que l'Iran se demande si l'explosion qui a eu lieu dans une mosquée à Shiraz, tuant 11 personnes et blessant près de 200 autres, était un accident ou l'oeuvre de terroristes.
Le leader du PJAK, Abdul Rahman Haji Ahmadi, est Allemand. Il coordonne les activités kurdes depuis son appartement de Cologne. Ce qui, évidemment, déplaît fortement aux Iraniens, qui avaient envoyé une note à l'ambassadeur allemand en juillet dernier. Les services de renseignement commencent également à suivre ce groupe, inconnu des Allemands jusque récemment, de près. Les renseignements domestiques (BfV) disent que le groupe ne présente pas une menace pour la sécurité nationale. Néanmoins, si le groupe est classifié comme "terroriste", des mesure légales pourraient être entamées pour le banir.
Le casse-tête du PJAK ne fait que commencer pour Angela Merkel. En effet, il est probable que les Américains soient proches du groupe kurde (dans l'éventualité d'une déstabilisation de l'Iran). Les services de renseignement allemands (BND) ont également des contacts avec le groupe. Cependant, l'Allemagne craint qu'un ressortissant kurde-allemand soit un jour arrêté par l'Iran, ce qui pourrait provoquer une crise diplomatique assez importante.
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mercredi 9 avril 2008
Témoignages de Petraeus et Crocker Devant le Congrès US
Le grand événement à Washington ce mardi, c'était bien évidemment l'arrivée du général Petraeus, chef des opérations militaires en Irak, et de l'ambassadeur américain Ryan Crocker. Les deux hommes témoignaient devant le Sénat américain ce mardi et ils témoignent devant la chambre des représentants ce mercredi. Je n'ai regardé que le témoignage de ce matin (le plus intéressant). Pas de grande surprise en soi. Petraeus a demandé pour une pause de le retrait des troupes américaines, comme annoncé depuis longtemps. Le témoignage de Petraeus est accessible ici. Ses graphes sont accessibles ici. Le témoignage de Crocker ici.
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lundi 7 avril 2008
Rapport Europol: Le Dilemme Européen entre Sécurité Intérieure et Politique Etrangère
Europol, l’organe européen de coopération policière, a publié lundi son rapport annuel sur la situation et les tendances du terrorisme au sein de l’Union Européenne (UE). En le parcourant, et en le comparant avec les rapports précédents, on découvre quelques tendances claires, mais aussi quelques affirmations intéressantes.
Les terroristes ont tenté de frapper en Europe à 583 reprises, ce qui inclut les attaques manquées ou déjouées, comme les attentats jihadistes en Allemagne et en Grande-Bretagne. Ce chiffre représente une augmentation de 24 pourcent par rapport à l’année précédente. L’activité terroriste est donc en hausse. A cette hausse d’activité correspond également un plus grand nombre d’arrestations : 1044, soit 48 pourcent de plus qu’en 2006.
La grande majorité des attaques terroristes (91 pourcent) sont attribuables à des groupes séparatistes, essentiellement en Espagne (ETA – Pays Basque) et en France (FLNC – Corse). Les autres groupes séparatistes actifs en Europe durant l’année 2007 sont le PKK kurde, les Tigres Tamils (LTTE – Sri Lanka) et l’Armée de Libération Nationale Irlandaise (ALNI).
Le nombre d’arrestations liées au terrorisme séparatiste a doublé par rapport à 2006, alors que le nombre d’arrestations liées au terrorisme islamiste a diminué. En outre, un tiers des terroristes islamistes poursuivis en justice ont été acquittés, contre seulement un cinquième des terroristes séparatistes. Cela traduit ce que j’avais déjà souligné auparavant : une surévaluation de la menace islamiste par rapport à d’autres formes de terrorisme, ce qui conduit à un plus grand nombre d’arrestations non confirmées par le système judiciaire. Le plus faible nombre d’acquittements liés au terrorisme séparatiste traduit également une meilleure connaissance de ces dossiers par les services de sécurité et, a contrario, une plus grande ignorance de la menace jihadiste. Néanmoins, la qualité du travail des forces de l’ordre et des services de renseignement a permis de déjouer plusieurs attentats majeurs, notamment en Allemagne.
Si la menace jihadiste demeure perçue comme étant la principale menace terroriste contre les membres de l’UE, ce qui est confirmé par la part prépondérante du rapport qui lui est consacrée, ce n’est pas à cause d’une hausse de l’activité islamiste, mais plutôt à cause du danger potentiel de ces attaques. En effet, les jihadistes cherchent à « frapper fort » en Europe en tuant un maximum de gens, contrairement aux séparatistes. Les échecs en Angleterre et en Allemagne ne font que renforcer cette volonté chez les jihadistes, même si des attaques de moindre ampleur restent possibles, et sont même plus probables étant donné le niveau d’alerte élevé des services de sécurité européens.
Concernant la menace jihadiste, Europol note le danger grandissant des « terroristes domestiques » (homegrown terrorists). De plus en plus, en effet, comme je l’ai déjà noté précédemment, la menace ne vient pas de l’extérieur (via des jihadistes étrangers) mais de l’intérieur (via des terroristes convertis). Cette tendance est très significative car cela indique que le jihad prend racine en Europe. L’enracinement serait facilité par deux facteurs : les conflits en Irak et en Afghanistan qui continuent d’être interprétés comme une « guerre de civilisation » par certains individus et donc facilitent la radicalisation et le recrutement d’une (infime) partie de la jeunesse européenne ; et un développement quantitatif et qualitatif de la propagande jihadiste en Europe, notamment grâce à la traduction de forums jihadistes en anglais, en français et en allemand, ce qui rend le message jihadiste plus accessible. A ce propos, notons que le site islamiste al-Ikhlas, l’un des principaux sites de recrutement, vient de lancer une version française et une version italienne du site.
Dans son rapport, Europol reconnaît également le rôle prépondérant joué par le Pakistan dans la sécurité européenne. Beaucoup de combattants jihadistes sont formés dans des camps pakistanais avant d’aller combattre en Irak, en Afghanistan ou de revenir en Europe. En outre, Europol souligne le danger représenté par l’éventualité du retour en Europe des « combattants irakiens », qui pourraient enseigner leur savoir aux jeunes aspirants terroristes européens. L’importance accordée par Europol à l’Irak, au Pakistan et à l’Afghanistan, est extrêmement intéressante car cela souligne une nouvelle fois que l’UE situe bel et bien la source d’une partie de ses problèmes sécuritaires dans cette région du monde. Dès lors, la sécurité de l’UE est dépendante de l’évolution de la situation dans ces pays. Pourtant, l’indécision européenne en Afghanistan et en Irak demeure énorme, et la prise de responsabilités bien inférieure à ce qu’elle devrait être. J’avais déjà souligné ce dilemme européen entre sécurité intérieure et politique étrangère dans le cas d’un article sur l’Allemagne pour Terrorism Focus magazine.
Enfin, d’autres évolutions notées par Europol valent la peine d’être relevées. En vrac :
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dimanche 6 avril 2008
Langage et Contre-Insurrection
Les auteurs du blog Abu Muqawama soulignent de manière assez juste l'importance de la barrière linguistique dans les opérations de contre-insurrection. Dans le cas irakien, disent-ils, les Américains se sont retrouvés contraints de soutenir le mouvement pro-iranien du Conseil Suprême Islamique en Irak (CSII), aux dépends du groupe de Moqtada al-Sadr, parce que seuls les membres du CSII parlaient anglais. Le rôle de la langue souligne encore une fois, s'il le fallait, que les opérations militaires sont souvent dépendantes de facteurs inattendus et incontrôlables qui forcent certaines décisions et modifient profondément le cours des choses. Cette stratégie pourrait évidemment (a déjà) des conséquences énormes sur l'issue du conflit en Irak.
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vendredi 4 avril 2008
Débat sur les Civils en Période de Guerre
« Le sort des civils pendant la guerre est souvent négligé par la littérature scientifique », a reconnu Marc Lynch, auteur de l’excellent blog Abu Aarvark, lors du discours d’introduction pour un débat qui se tenait ce vendredi à la George Washington University concernant les victimes civiles de la guerre. « Il existe une littérature abondante sur les causes de la guerre et aussi sur les solutions, mais très peu d’études se penchent sur la conduite de la guerre, ce qui comprend le traitement de la population civile », a dit Paul Huth, professeur à l’université de Maryland.
Paul Huth, Colin Kahl et Marc Lynch débattent à la George Washington University.
Paul Huth étudie en ce moment les raisons qui poussent certains gouvernements à tuer délibérément des civils pendant des conflits interétatiques (les guerres civiles étant l’objet d’autres études). Selon lui, les guerres ayant fait un grand nombre de victimes civiles délibérées sont extrêmement rares. Généralement, les guerres font beaucoup plus de victimes délibérées parmi les soldats que parmi la population civile. Trois facteurs, selon Paul Huth, accroissent le nombre de victimes civiles délibérées : le type de guerre (les opérations de contre-insurrection tuent davantage) ; l’objectif de la guerre (les guerres de conquête sont plus meurtrières) ; et la durée de la guerre (plus la guerre est longue, plus il y a de victimes).
Pourquoi tuer délibérément des civils ? Deux raisons : mettre fin à la guerre lorsque les moyens militaires ont échoué, et réduire le coût de la guerre. Finalement, dit Huth de manière assez pessimiste, « il semble que les normes internationales n’aient aucun pouvoir restrictif sur les tueries de la population civile ».
Colin Kahl, professeur à Georgetown University et spécialiste des opérations américaines en Irak, a relayé le débat qui entoure l’estimation des victimes civiles en Irak depuis 2003. L’organisation Iraq Body Count estime le nombre de morts violentes parmi la population depuis 2003 à 90.000. Selon Kahl, « il est fort probable que ce nombre soit bien en dessous de la réalité ».
Cependant, explique Kahl, les Etats-Unis ne sont pas responsables pour toutes ces morts. Il estime entre 10.000 et 20.000 le nombre de civils tués par les Américains lors d’opérations, ou d’échanges de tirs. « Ce nombre peut paraître élevé, dit Kahl, mais en comparaison avec d’autres conflits similaires, cela reste 100 fois inférieur aux Russes en Tchétchénie et 10 fois inférieur au Vietnam ». Colin Kahl conclut en disant que cela reflète un apprentissage des Américains au niveau tactique et stratégique de l’importance de la protection de la population civile.
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Explosion des IEDs...sur le marché
L'utilisation de bombes improvisées (Improvised Explosive Devices - IED) est en augmentation à travers le monde, selon un rapport TRITON. L'IED est l'une des armes favorites des insurgés irakiens. Chaque mois, environ 600 de ces engins explosifs explosent, principalement le long des routes contre des convois militaires de la coaltion. Les IED sont aussi utilisés en Afghanistan.
TRITON, cependant, prévient que l'utilisation des IED se propage au-delà des théâtres irakiens et afghans. Il y aurait entre 200 et 300 explosions d'IED à travers le monde, en dehors de ces deux pays. Principalement en Somalie, au Sri Lanka, en Inde et en Thailande. Les experts militaires craignent que les IED deviennent, globalement, l'arme de prédilection des insurgés/terroristes. Les IED sont faciles à construire, difficiles à détecter, et extrêmement meurtriers.
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Libellés : Afghanistan, Insurrection, Irak, Militaire, Terrorisme
jeudi 3 avril 2008
L'Art de la Photographie: Une Arme de Propagande
Dans cette vidéo, Thomas Dworzak, un photographe allemand primé de nombreuses fois, explique son travail en temps que photographe de guerre. Outre, les nombreuses incroyables photos montrées dans cette vidéo, je suis surtout frappé par ses remarques aussi profondes que provocatrices. Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il dit, mais une de ses remarques m'a beaucoup fait réfléchir. Dworzak suggère que la popularité d'un groupe armé est liée à la couverture médiatique (jusque là, rien de neuf). Mais il semble aussi suggérer que l'une des raisons de l'impopularité internationale de l'insurrection irakienne tient dans la non-infiltration de journalistes/photographes internationaux parmi les insurgés. Il explique que les rebelles Chéchènes ou Bosniaques rendaient son travail relativement facile. La vision de ces guerres était souvent celle du faible par rapport au fort. En Irak, à linverse, il est impossible de sortir du "cadre américain". Dès lors, dit-il, on ne parle pas de l'Irak mais des Américains en Irak. Les images des insurgés proviennent des insurgés eux-mêmes. Cette explication est loin d'être suffisante. Mais je trouve la réflexion très intéressante. Les Américains gagneraient-ils la guerre de propagande contre les insurgés?
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Libellés : Insurrection, Irak, Vidéos
mardi 1 avril 2008
La Cyberguerre Aura Lieu sur YouTube
Les groupes terroristes sont passés maîtres dans l’utilisation d’internet. Que ce soit pour recruter de nouveaux membres et communiquer leurs messages via des forums spécialisés, ou carrément pour lancer des cyberattaques contre des sites gouvernementaux. De leur côté, les services de renseignement ont appris à s’adapter. D’une part en surveillant, en infiltrant, et éventuellement en piratant les nombreux forums terroristes ; d’autre part, plus récemment, en se lançant dans des campagnes de recrutement/séduction via internet, comme indiqué par le nouveau blog du Shin Bet israélien, ou par la dernière campagne de recrutement de l’US Air Force intitulée « Un Monde Changeant ».
Grâce à YouTube, le site populaire de partage de vidéos, la guerre de propagande sur internet atteint désormais des niveaux jamais égalés. Depuis plusieurs mois, on remarque un accroissement important du nombre de vidéos jihadistes postées sur YouTube. En janvier 2007, par exemple, al-Qaïda en Irak (AQI) a créé sa propre chaîne télévisée sur le site. La chaîne comprend un grand nombre de vidéos d’attaques contre les forces de la coalition en Irak. Un certain nombre de discours propagandistes est également disponible. En outre, dans une stratégie de conquête des « cœurs et des esprits » des Irakiens, la chaîne télévisée comprend également un clip vidéo intitulé « Prendre soin de la population civile pendant le Jihad » dans lequel les terroristes décident de ne pas faire exploser une bombe au moment du passage d’un convoi militaire en raison de la présence de civils à proximité.
Le problème de la propagande terroriste sur YouTube est pris très au sérieux étant donné la capacité du site de partage à toucher des millions de téléspectateurs à travers le monde. YouTube constitue un nouveau casse-tête pour les services de renseignement qui doivent chaque fois apprendre à s’adapter aux nouvelles stratégies des groupes terroristes. Le nombre élevé de nouvelles vidéos postées chaque jour rend un contrôle effectif du flux presque impossible, aussi bien pour les administrateurs du site, que pour les agences de surveillance.
Dès lors, la solution pourrait bien résider dans le développement d’une intense campagne de contre-propagande. Du moins, c’est ce que semble suggérer le journal The Marker. Selon le journal économique israélien, le gouvernement d’Ehud Olmert serait l’instigateur de la mise en ligne de trois vidéos liées à l’attaque de la Yeshiva Mercaz Harav sur YouTube. L’un des films montre les lieux de l’attentat avec en sous-titre l’appel aux urgences passé par un étudiant pendant l’attaque. La vidéo a été visionnée plus de 5.300 fois en une nuit. L’objectif de ces vidéos est de montrer les horreurs du terrorisme et ainsi dénier toute légitimité aux groupes terroristes.
Selon The Marker, cette nouvelle stratégie pourrait se généraliser lors de futures attaques. Et peut-être d’autres pays choisiront-ils de suivre le modèle israélien s’il s’avère efficace. YouTube devient ainsi le dernier support en date où s’opposent propagandes et contre-propagandes.
Tous à vos postes (informatiques) : la cyberguerre aura lieu sur YouTube.
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Libellés : Al-Qaïda, Cyber, Etats-Unis, Irak, Militaire, Proche-Orient, Terrorisme
jeudi 27 mars 2008
La Bataille de Bassorah
La bataille continue à Bassorah, mettant aux prises Chiites et Sunnites. Pour une bonne compréhension de ce qui se passe là-bas, je recommande la lecture du blog de Stéphane Taillat.
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Libellés : Irak
mardi 25 mars 2008
Briser les Mythes
Ces derniers jours, je suis tombé sur deux lectures assez intéressantes. Non pas que ce soit quelque chose d'inhabituel, mais je trouve important de mentionner ici ces deux articles parce qu'ils brisent deux mythes tenaces, et l'un des objectifs avoué de ce blog est de briser ces mythes.
Le premier article s'intitule "Exposure", paru dans le magazine The New Yorker. Il raconte le cheminement singulier qui a mené des hommes et des femmes ordinaires à commettre les pires atrocités dans la sombre enceinte d'Abu Ghraib. Les auteurs expliquent, par exemple, comment Sabrina, passionée de photos (en levant toujours les pouces en l'air sur chaque photo) et qui ne ferait littéralement "pas de mal à une mouche", s'est retrouvée à participer aux atrocités et à figurer sur des photos humiliantes avec des prisonniers irakiens les deux pouces en l'air...
Les auteurs de l'article ont également produit un documentaire intitulé "Standard Operating Procedure" sur le sujet, grand prix du jury à Berlin, bientôt en salles aux Etats-Unis. Voici la bande-annonce:
Le docteur Zimbardo de l'université de Stanford a déjà commenté à de nombreuses reprises sur les événements d'Abu Ghraib, en faisant référence à sa célèbre expérience qui démontre la facilité avec laquelle des êtres tout à fait normaux peuvent être amenés à commetre des actes qu'ils désapprouvent.
Le deuxième article intitulé "Shadowplays" paru dans The Nation, fait état de la "collaboration" palestinienne avec Israël. Brisant le mythe d'une résistance palestinienne unifiée, l'auteur (se basant sur un livre israélien qui vient d'être traduit en anglais) explique que de nombreux Palestiniens ont collaboré avec Israël (même avant l'indépendance israélienne), fournissant des renseignements permettant, entre autres, des frappes militaires. D'un autre côté, l'auteur souligne le caractère parfois (souvent?) involontaire de cette collaboration: soins hospitaliers contre renseignements. Ceux qui ne collaborent pas sont alors interdits dans les hôpitaux...
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Libellés : De Tout, Irak, Militaire, Proche-Orient
lundi 24 mars 2008
Femmes et Jihad (1)
Le nombre d'attentats commis par des femmes en Irak est en nette augmentation. Cette année, les femmes kamikazes ont déjà tué 140 Irakiens. L'utilisation de femmes par al-Qaïda en Irak (AQI) - qui est présumé responsable pour ces attaques - indique un changement à de multiples niveaux.
Premièrement, il s'agit d'un changement de mentalités. En effet, l'idéologie radicale prônée par al-Qaïda ne laisse généralement qu'un rôle secondaire aux femmes. Cependant, la tendance est en train de se modifier en Irak, mais aussi globalement. L'une des raisons de cette évolution tient dans ce que les terroristes eux-mêmes appellent la "jurisprudence" islamique. La tactique ayant été utilisée dans le passé et approuvée par les instances supérieures, elle peut être reproduite à volonté.
Deuxièmement, il s'agit d'un changement tactique. La perte de "sanctuaires" et les progrès américains ont repoussé AQI du pôle guérilla vers le pôle terrorisme. Avec la perte de leur soutien populaire, les membres d'AQI ont été obligés d'adapter leurs tactiques afin de poursuivre leur double objectif (combattre les Américains, et prendre le contrôle de l'Irak). Les attaques terroristes contre les militaires américains permettent de faire un maximum de dégâts avec un minimum de moyens (un kamikaze et une bombe); alors que les attaques contre les civils irakiens permettent de créer le chaos, dans l'espoir de délégitimiser les autorités locales. En outre, les dernières attaques spectaculaires visent à rétablir "l'image de marque" d'AQI, quelque peu ternie par plusieurs échecs successifs. Dès lors, l'utilisation de femmes-kamikazes s'inscrit dans ce changement tactique: les femmes sont moins suspectées par les forces de sécurité et peuvent cacher plus facilement une bombe sous leurs vêtements, et donc maximiser les "dégâts". En plus, l'utilisation nouvelle des femmes renforce la terreur au sein de la population qui doit désormais se méfier de tout le monde.
Troisièmement, il est possible que l'utilisation des femmes soit révélateur du déclin d'AQI. Cela n'est pas certain, mais plusieurs signes indiquent qu'AQI a de plus en plus de difficultés à recruter de nouveaux membres et, donc, les femmes seraient utilisées comme "substitut".
Quatrièmement, il est probable que le nombre de femmes candidates au suicide soit relativement élevé, mais qu'elles aient été négligées par AQI jusqu'à présent. En Irak, la relation mère-fils étant extrêmement puissante, la vengeance de la mort d'un fils joue un rôle important dans la décision de prendre part à un attentat-suicide. Cette même notion de vengeance a déjà été observée, par exemple, en Tchétchénie ou en Palestine . Notons que la vengeance est un facteur très important dans la décision d'un individu de rejoindre un groupe terroriste, quel que soit le sexe.
Enfin, le potentiel de femmes kamikazes irakiennes permet à AQI "d'irakiser" davantage le groupe. En effet, les kamikazes d'AQI sont en grande majorité des hommes étrangers. Et, pour repasser vers le pôle guérilla, AQI a besoin de reconquérir la population irakienne.
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Libellés : Al-Qaïda, Insurrection, Irak, Terrorisme
samedi 22 mars 2008
Une Interview Souligne les Relations Tendues entre Insurgés Sunnites en Irak
La Fondation NEFA a publié une interview avec un commandant militaire du groupe insurgé Hamas al-Iraq. Hamas al-Iraq est une faction dissidente du groupe 1920 Revolution Brigades. Cette interview offre un regard intéressant sur les relations tendues et complexes qui existent entre les différents mouvements sunnites en Irak, et plus particulièrement avec al-Qaïda dans la province de Diyala. Bien entendu, ce genre de documents doit toujours être examiné avec prudence. Néanmoins, les griefs tenus à l’égard d’al-Qaïda sont importants à souligner. En effet, cela démontre qu’al-Qaïda est de plus en plus isolé en Irak. Certains Sunnites se sont alliés aux Américains précisément pour mettre fin à la violence indiscriminée d’al-Qaïda. D’autres Sunnites, comme Hamas al-Iraq, continuent à combattre les Américains, et sont simultanément lancés dans une lutte intra-sectarienne avec al-Qaïda, tout en prenant part à la guerre civile entre Sunnites et Chiites. Extraits :
« On pourrait argumenter que la guerre d’al-Qaïda contre la résistance [irakienne] et les unités moudjahiddines agit au bénéfice des occupants [américains] étant donné que cela a affecté nos jeunes recrues et notre arsenal. Les forces occupantes étaient incapables de pénétrer dans nombreux villages et districts de Diyala jusqu’à ce qu’al-Qaïda leur ouvre la voie en tuant les Sunnites, détruisant leurs maisons, mosquées et hôpitaux. Ils ont fait ce que les milices sectaires pro-iraniennes n’avaient pas réussi, et ils ont fini le boulot pour elles… Frère Ahmad Abdelaziz al-Sadoun disait la vérité en déclarant : ‘le réseau al-Qaïda est parvenu a faire en sorte que les gens d’ici pensent que les forces d’occupation sont miséricordieuses en humaines par comparaison’. »
« (…) Je vais vous un exemple de la traîtrise d’al-Qaïda. Le réseau al-Qaïda avait capturé 8 de nos moudjahiddines, alors nous avons capturé le même nombre des leurs. Ensuite, al-Qaïda a distribué des pamphlets disant que les 1920 Revolution Brigades sont des apostats et que leur sang et leur argent constituent un butin autorisé. A la suite de cela, nos moudjahiddines ont arrêté leur commandant militaire à Diyala ‘Raed Abu Dawoud’ de Khankin, né en 1978. Il portait un badge de police du nom de ‘Kazim Jawad Kazim’, et portait une veste explosive—qu’il n’a pas été capable d’activer. »
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Libellés : Al-Qaïda, Insurrection, Irak
jeudi 20 mars 2008
Attentat Suicide à Baqouba
Encore un attentat suicide perpétré par une femme à Baqouba, dans la province de Diyala a fait quatre morts et 12 blessés. Deux choses à retenir: l'intensification du pôle terroriste semble se confirmer en ce moment en Irak; et l'utilisation accrue de femmes pourrait être un signe d'affaiblissement, bien qu'il puisse aussi s'agir d'une simple adaptation et d'une exploitation d'opportunité (les longues robes permettent de cacher une bombe plus facilement) comme l'a déjà expliqué Stéphane Taillat.
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Libellés : Irak, Terrorisme