«Rien n'est plus facile que de dénoncer un malfaiteur; rien n'est plus difficile que de le comprendre» ---Fédor Dostoïevski

mercredi 27 février 2008

Bugs Bunny au Service de la Propagande du Hamas

Depuis près d’un an, les enfants palestiniens peuvent suivre les aventures de Bugs Bunny et Mickey Mouse, version locale, derrière leurs écrans de télévision. A priori, rien d’anormal. Sauf lorsque l’ersatz palestinien de Mickey Mouse appelle au jihad et au meurtre des caricaturistes danois. En fait, la souris s’appelle Farfour, et le lapin Assoud. Et le programme n’est pas produit par Walt Disney, mais par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Farfour, la souris, est apparu pour la première fois en avril 2007 dans un show télévisé intitulé « Les Pionniers de Demain » sur Al-Aqsa TV, la chaîne télévisée du Hamas. Le programme, destiné aux enfants entre 9 et 13 ans, est diffusé tous les vendredis. Présenté par une jeune fille de 11 ans, voilée, « Les Pionniers de Demain » est l’outil de propagande du Hamas à destination du jeune public. Il prône la destruction d’Israël, le jihad et le martyre.


Quoi de neuf Docteur? Un lapin aux airs de Bugs Bunny appelle au boycott des produits danois et au meurtre des caricaturistes.

Le titre de plusieurs épisodes est révélateur du ton de l’émission : « Farfour contre Bush, Olmert et Condoleeza », « Farfour et le AK-47 », ou encore « Assoud contre le Danemark ». L’émission incite à la haine contre les juifs, à la violence, au terrorisme, au sacrifice ultime et… à boire du lait. La mise en scène dramatique des épisodes (la musique lors de la mort de Nahoul par exemple, voir vidéo après) confronte directement les enfants avec des réalités graves, mais surtout biaisées.

Dans le cinquième épisode, par exemple, Farfour discute avec son grand-père de l’histoire de la Palestine. Le vieil homme explique à la souris que les juifs ont envahi une terre qui appartient aux Arabes, avant de lui offrir des clés et des documents qui prouvent ses dires. Ensuite, des Israéliens arrêtent Farfour, l’interrogent et le battent à mort.


Farfour, le Mickey Mouse du Hamas, est battu à mort par un interrogateur israélien.

Dans l’épisode suivant, Nahoul l’abeille, le cousin de Farfour, prend la relève. Mais il meurt à son tour quelques épisodes plus tard d’une maladie en s’écriant : « Tous les enfants palestiniens meurent sans avoir droit à un traitement. Je ne peux pas mourir, je ne veux pas mourir,… Papa… ». Nahoul est à son tour remplacé par Assoud le lapin, son frère, qui vivait dans un autre pays du monde arabe, abordant ainsi la question du retour des réfugiés. Le lapin rose au sourire figé est bien moins sympathique qu’il n’y paraît puisqu’il prétend « manger les juifs ».


Nahoul l'abeille meurt sans avoir pu être transféré vers un hôpital égyptien.

« Les Pionniers de Demain » aborde toutes les grandes thématiques qui guident l’idéologie du Hamas. L’émission choque non seulement par son contenu, mais surtout par la forme adoptée, la mise en scène et le public visé. Les décors sont très colorés et plein de dessins d’enfants. Les personnages ont l’air inoffensifs et sympathiques. Sans le son, on croirait regarder Casimir. « Les Pionniers de Demain » souligne l’importance des médias et de la socialisation dans la formation des futurs terroristes, comme déjà expliqué dans un article précédent.

Saraa Barhoum, la jeune présentatrice de 11 ans, rêve de devenir docteur. Si elle n’y arrive pas, elle deviendra martyre, dit-elle. A elle seule, elle incarne cette partie de la jeunesse palestinienne convertie à l’idéologie du Hamas. Une jeunesse politisée dès l’enfance, lobotomisée, pour qui le martyre n’est plus seulement une alternative, mais constitue un idéal.

Le programme a créé beaucoup de réactions. Israël et le Fatah, le parti du président palestinien Mahmoud Abbas, ont condamné « Les Pionniers de Demain ». Le manager de la station télévisée, al-Sharawi, a répondu : « Nous n’incitons à rien. Nous présentons des faits. On ne peut pas isoler nos enfants des réalités qu’ils vivent tous les jours ».

Notons quand même, pour conclure, que la propagande à destination des enfants n’est ni nouvelle, ni l’apanage des terroristes. Il suffit de regarder ce vieux Donald Duck de 1943 pour s’en convaincre (bon il avait été censuré par après, mais quand même). Donald reçoit de l’argent et il est déchiré entre deux idées : épargner (pour le bien des Etats-Unis) ou dépenser (et supporter le nazisme). Un délice de propagande.


2 commentaires:

Frédéric a dit…

Est ce que cette propagande marche vraiment ? On a vu que les jeunesses hitlériennes, si elles ont fanatisé les jeunes pendant le conflit n'ont pas traumatisé ceux si aprés la dénazification.

Thomas Renard a dit…

Comme tu le dis Frédéric, les jeunesses hitlériennes ont fanatisé les jeunes tant que le parti nazi existait. Le Hamas existe toujours, est peut-êre plus puissant que jamais (à discuter) et se considère en guerre.
Quant à l'effet sur les jeunes, eh bien honnêtement je ne dispose pas des indices d'audience donc difficile à dire...Ce serait évidemment intéressant de le savoir. Mais cette propagande s'inscrivant dans un tout plus large, il est certain qu'une PARTIE de la jeunesse est grandement influencée par l'idéologie du Hamas.