«Rien n'est plus facile que de dénoncer un malfaiteur; rien n'est plus difficile que de le comprendre» ---Fédor Dostoïevski

mardi 1 avril 2008

La Cyberguerre Aura Lieu sur YouTube

Les groupes terroristes sont passés maîtres dans l’utilisation d’internet. Que ce soit pour recruter de nouveaux membres et communiquer leurs messages via des forums spécialisés, ou carrément pour lancer des cyberattaques contre des sites gouvernementaux. De leur côté, les services de renseignement ont appris à s’adapter. D’une part en surveillant, en infiltrant, et éventuellement en piratant les nombreux forums terroristes ; d’autre part, plus récemment, en se lançant dans des campagnes de recrutement/séduction via internet, comme indiqué par le nouveau blog du Shin Bet israélien, ou par la dernière campagne de recrutement de l’US Air Force intitulée « Un Monde Changeant ».

Grâce à YouTube, le site populaire de partage de vidéos, la guerre de propagande sur internet atteint désormais des niveaux jamais égalés. Depuis plusieurs mois, on remarque un accroissement important du nombre de vidéos jihadistes postées sur YouTube. En janvier 2007, par exemple, al-Qaïda en Irak (AQI) a créé sa propre chaîne télévisée sur le site. La chaîne comprend un grand nombre de vidéos d’attaques contre les forces de la coalition en Irak. Un certain nombre de discours propagandistes est également disponible. En outre, dans une stratégie de conquête des « cœurs et des esprits » des Irakiens, la chaîne télévisée comprend également un clip vidéo intitulé « Prendre soin de la population civile pendant le Jihad » dans lequel les terroristes décident de ne pas faire exploser une bombe au moment du passage d’un convoi militaire en raison de la présence de civils à proximité.

Le problème de la propagande terroriste sur YouTube est pris très au sérieux étant donné la capacité du site de partage à toucher des millions de téléspectateurs à travers le monde. YouTube constitue un nouveau casse-tête pour les services de renseignement qui doivent chaque fois apprendre à s’adapter aux nouvelles stratégies des groupes terroristes. Le nombre élevé de nouvelles vidéos postées chaque jour rend un contrôle effectif du flux presque impossible, aussi bien pour les administrateurs du site, que pour les agences de surveillance.

Dès lors, la solution pourrait bien résider dans le développement d’une intense campagne de contre-propagande. Du moins, c’est ce que semble suggérer le journal The Marker. Selon le journal économique israélien, le gouvernement d’Ehud Olmert serait l’instigateur de la mise en ligne de trois vidéos liées à l’attaque de la Yeshiva Mercaz Harav sur YouTube. L’un des films montre les lieux de l’attentat avec en sous-titre l’appel aux urgences passé par un étudiant pendant l’attaque. La vidéo a été visionnée plus de 5.300 fois en une nuit. L’objectif de ces vidéos est de montrer les horreurs du terrorisme et ainsi dénier toute légitimité aux groupes terroristes.

Selon The Marker, cette nouvelle stratégie pourrait se généraliser lors de futures attaques. Et peut-être d’autres pays choisiront-ils de suivre le modèle israélien s’il s’avère efficace. YouTube devient ainsi le dernier support en date où s’opposent propagandes et contre-propagandes.

Tous à vos postes (informatiques) : la cyberguerre aura lieu sur YouTube.

Lire la suite...

lundi 31 mars 2008

La Coopération Tuniso-Algérienne Bloque l'Approvisionnement en Explosifs d'Al-Qaïda

Lire l'article paru dans El Khabar ici.

Lire la suite...

Renseignements Canadiens: Radicalisation et Jihad en Occident

Le premier procès de l’un des 15 individus suspectés d’appartenir à une cellule jihadiste au Canada a débuté mardi dernier. La cellule avait été démantelée en juin 2006 à Toronto. Selon les autorités canadiennes, la cellule avait planifié plusieurs attaques, dont l’assaut du parlement qui se serait achevé par la décapitation du premier ministre, Stephen Harper.

A l’occasion du début de ce procès, la Fondation NEFA publie un document secret du Canadian Security Intelligence Service (CSIS), le service de renseignements canadien, qui a fait l’objet d’une fuite. Le rapport est désormais disponible, bien qu’une partie du document soit cachée. Le document, intitulé « Radicalisation et Jihad en Occident », avait été rédigé en juin 2006, juste après la révélation du complot. Extraits et commentaires :

« La menace de l’extrémisme islamiste domestique contre le Canada est croissante. (…) Les phénomènes de ‘radicalisation’ et ‘jihadisation’ sont très complexes. La radicalisation a lieu lorsque les musulmans rejettent les croyances et les pratiques communes, et adoptent une interprétation de l’islam étroite, littérale, et fondamentaliste. La jihadisation a lieu lorsque les musulmans radicalisés croient que la violence en défense de l’islam devient justifiée. Chaque radicalisé ne va pas se jihadiser, mais la transition peut se dérouler assez rapidement. (…) Les jeunes membres sont de plus en plus auto-radicalisés. »

Cette vision en deux temps de la ‘radicalisation’ et de la ‘jihadisation’ semble être la vision partagée au sein de la communauté du renseignement. Un modèle progressif similaire avait déjà été développé par les services de renseignement néerlandais dans un rapport plus élaboré. Cette vision est très intéressante parce qu’elle permet, d’une part, de nuancer la vision parfois simpliste connotée par l’expression « extrémisme islamiste », et, d’autre part, de rendre compte du faible nombre de combattants jihadistes comparé à la population musulmane globale. L’idée que la jihadisation soit liée à un changement perceptif par rapport à la violence est, selon moi, centrale. Enfin, la notion "d’auto-radicalisation" fait clairement référence aux travaux de Marc Sageman.

« (…) Lorsque quelqu’un se radicalise, il y a souvent un changement physique et psychologique comme se laisser pousser la barbe, adopter la mode vestimentaire musulmane, critiquer tous ceux qui ne partagent pas les mêmes vues, et s’isoler du monde extérieur. »

Le rapport du CSIS précise que l’isolement est le fruit de la radicalisation et non l’inverse. Dans la littérature sur le terrorisme, la radicalisation est parfois décrite comme étant le résultat d’un isolement du monde extérieur, donc l’opposé de ce qu’affirme le CSIS. Pourtant, les derniers grands complots en Europe ont été le fait d’individus souvent décrits comme bien intégrés. Une partie de la littérature précise que ce n’est pas l’isolement en temps que tel, mais la rupture avec l’environnement originel (la famille qui vit encore à l’étranger dans le cas d’immigrés par exemple) qui explique la radicalisation. Mais ici encore, cela n’explique pas la radicalisation des individus nés et élevés en Europe. Dans tous les cas, il est certain qu’il y a un processus de renforcement mutuel entre isolement et radicalisation, quel que soit le facteur initiant.

« (…) Les facteurs de radicalisation identifiés par le CSIS et d’autres services de renseignement occidentaux comprennent la croyance dans la nécessité de défendre l’islam contre la perception d’une agression occidentale, l’influence d’un leader spirituel, l’influence d’un membre de la famille déjà radicalisé, et la participation dans des camps d’entraînement à l’étranger. »

Il s’agit ici d’un échantillon restreint des causes de la radicalisation. On notera également l’absence de mention de possibles ‘causes profondes’, telles que les facteurs socio-économiques. La mention de la participation dans des camps d’entraînements est assez intéressante car elle suppose que cette participation peut précéder la décision de prendre part au jihad. En règle générale, cependant, la jihadisation précède l’entraînement jihadiste.

Lire la suite...

dimanche 30 mars 2008

Sport et Terrorisme: Drones pour l'Euro 2008

L'Allemagne a apparemment échappé de justesse à un attentat terroriste lors du match d'ouverture de la coupe du monde en 2006. Pékin a récemment émis certaines inquiétudes concernant le risque potentiel d'attentats terroristes durant les Jeux Olympiques. Le Paris-Dakar ne se fera plus en Afrique à cause du terrorisme.

La relation entre sport et terrorisme n'est pas neuve. Tout le monde se rappelle de Munich. Mais, ces derniers temps, la menace terroriste sur les grands évènements sportifs est en pleine expansion. Pourquoi? La réponse est simple: pourquoi les terroristes se priveraient-ils de cette formidable fenêtre d'opportunité constituée par ces évènements retransmis à l'échelle planétaire grâce aux médias? Que faut-il faire? Certainement pas annuler ces évènements, puisque cela signifierait une victoire (partielle seulement) du terrorisme, puisque leur objectif est justement de...terroriser. La solution tient donc dans un renforcement des systèmes de sécurité. Dès lors, on appréciera l'annonce de l'utilisation de drones au dessus des stades lors de l'Euro 2008 en Suisse et en Autriche, même si leur fonction première n'est pas la lutte contre le terrorisme. Note: Le cas du Paris-Dakar est un peu différent puisque, par nature, les garanties de sécurité sur un tel parcours sont quasiment impossibles.

Lire la suite...

samedi 29 mars 2008

Un Attentat Evité de Justesse lors de la Coupe du Monde en Allemagne?

Lire l'article de Spiegel Online ici.

Lire la suite...

vendredi 28 mars 2008

Fitna: Racisme et Provocation

Le film du député néerlandais d'extrême droite Geert Wilders, Fitna, a été mis en ligne hier. Le premier ministre Balkenende a condamné le film, ainsi que d'autres personnalités politiques. La presse, par contre, a affiché un certain "soulagement" déplacé, affirmant que le film n'est pas aussi extrême qu'on pouvait le craindre.

Après vision du film qui est diponible en ligne, je suis littéralement choqué que la presse puisse diminuer ainsi la caractère raciste et provocateur de ce film. Attention, pour tous ceux qui voudraient le visionner, les images sont extrêmement violentes. Âmes sensibles s'abstenir.

Wilders associe Islam et Jihad. C'est évidemment un association aussi simpliste que mensongère. Fitna cite quelques extraits du Coran appelant à la violence (isolés de leur contexte et des nombeux passages qui s'opposent à la violence), et associe ces passages avec les images de Madrid, du 11 septembre, d'exécution sommaires... Wilders joue clairement sur l'émotion pour rallier à sa cause raciste.

En outre, le film de Wilders ne s'embarrasse pas de comprendre ou d'expliquer les contextes géopolitiques, socio-économiques, culturels, ou historiques... Pour lui, la violence est le simple résultat du Coran. Ahmenidjad et Ben Laden? Tous les deux sont motivés par la même haine de l'occident incitée par le même Coran, selon Wilders.

Enfin, Wilders prend clairement plaisir à se décrire en temps que "cible" du Jihad, à se dépeindre en temps que martyre (quelle ironie).

Le terrorisme islamique ne sera certainement pas combattu par une telle propagande. L'Islam n'est pas une idéologie qui peut être combattue comme le nazisme et le communisme, comme affirmé dans la conclusion du film Fitna. Ce film va au contraire enflammer la violence. Aucun doute que c'est ce que Wilders recherche: la provocation pour justifier son discours. Espérons que les appels au calme de la communauté musulmane néerlandaise seront entendus.

Lire la suite...

Cüneyt Ciftci: le Premier Kamikaze Allemand

L’Allemagne se sent de plus en plus menacée par l’extrémisme islamique. Une nouvelle vidéo obtenue par Spiegel Online confirme les soupçons des investigateurs allemands sur l’explosion contre un poste militaire américain le 3 mars dernier qui avait tué deux soldats US et deux civils en Afghanistan. L’attaque a, comme le craignaient les enquêteurs, bel et bien été orchestrée par Cüneyt Ciftci, un jeune Turc de 28 ans, né et élevé en Bavière, en Allemagne. Cüneyt Ciftci est ainsi devenu le premier kamikaze allemand.

La vidéo montre la préparation du martyre, la préparation du camion avec les explosifs, les dernières prières avant la mission, suivies par l’explosion extrêmement puissante du camion. Comme souvent dans le cas d’attentats-suicides, il ne restait rien pour ainsi dire de Cüneyt Ciftci, ce qui rendait l’identification du corps difficile. Jusqu’à l’obtention de la vidéo.

L’histoire de Cüneyt Ciftci ressemble très fort à celle d’autres terroristes formés en Europe. Une vie discrète et sans problèmes, une bonne éducation (ce qui le distingue même du reste de la population turque en Allemagne, généralement discriminée scolairement), un mariage avec deux enfants, et un job stable à la mairie locale. Bref, rien n’indiquait que Cüneyt dissimulait des accointances avec des terroristes.

C’est à la mosquée que va commencer son « itinéraire jihadiste ». Près de Nuremberg, il fréquente une mosquée assez radicale, peuplée par plusieurs individus suspects. C’est à ce moment que Cüneyt entre aussi dans le radar des renseignements allemands qui surveillent précisément cette même mosquée. Il est fort probable que le passage dans cette mosquée ait radicalisé le discours de Cüneyt, tout en le mettant en contact avec des individus membres ou proches des milieux extrémistes.

D’une manière ou d’une autre, Cüneyt entre en contact avec Adem Yilmaz, l’un des membres de la cellule de Sauerland démantelée l’année dernière pour avoir planifié des attaques notamment contre l’aéroport de Francfort et la base militaire américaine de Ramstein. En avril 2007, Cüneyt décide de quitter l’Allemagne avec sa famille. A-t-il alors déjà pris la décision de se lancer dans le jihad ? Se sent-il menacé par les services de renseignement et la police qui l’a convoqué pour un interrogatoire ? Impossible de répondre à ces questions. Des suppositions sont possibles néanmoins. Sans doute, n’est-il pas encore certain en avril de vouloir rejoindre le jihad. Sinon, pourquoi ne pas simplement s’associer à la cellule de Sauerland et devenir un « héros » dans son propre pays ?

Son voyage est organisé par Adem Yilmaz. Après avoir pris le soin de s’être désinscrit du registre communal, annonçant ainsi officiellement son départ du pays (un signe d’une certaine sérénité tout de même), il part pour le Pakistan. C’est probablement dans un camp d’al-Qaïda que Cüneyt rencontre les responsables de l’Union Jihadiste Islamique (UJI), un groupe ouzbek qu’il décide de rejoindre. L’engrenage est alors irréversible. Il passe la frontière et rejoint l’Afghanistan où il accomplit sa mission « divine ».

Le cas de Cüneyt souligne une fois de plus la menace terroriste croissante qui pèse sur l’Allemagne, comme je l’ai déjà écrit dans un article pour Terrorism Focus magazine.

Lire la suite...

jeudi 27 mars 2008

Bombardements Aériens au Pakistan en Augmentation

Les Etats-Unis ont accru le nombre de bombardements aériens via drones au Pakistan. Ces bombardements devraient encore s'accentuer, selon des militaires américains, qui craignent la fin du support pakistanais à ce genre d'opérations. Dès lors, les Américains espèrent frapper al-Qaïda aussi fort que possible grâce à la technique appelée "secouer l'arbre". Le mois dernier, un bombardement aérien orchestré par la CIA avait permis d'éliminer l'un des chefs d'al-Qaïda. Cependant, cette technique prsente de nombreux désavantages, notamment en accroissant la colère de la population locale contre les Etats-Unis et le gouvernement pakistanais, ce qui conforte les terroristes et les insurgés dans leurs positions.

Lire la suite...

La Bataille de Bassorah

La bataille continue à Bassorah, mettant aux prises Chiites et Sunnites. Pour une bonne compréhension de ce qui se passe là-bas, je recommande la lecture du blog de Stéphane Taillat.

Lire la suite...

mercredi 26 mars 2008

Qui Devient un Terroriste et Pourquoi

La question de savoir qui devient un terroriste et pourquoi ? est sans aucun doute l’une des plus passionnantes dans la littérature spécialisée sur le terrorisme. L’une des raisons évidentes de cet intérêt réside tout simplement dans l’absence de réponse à cette question. L’un des ouvrages les plus remarquables à ce jour demeure le livre de Rex Hudson, « Who Becomes a Terrorist and Why ».

Ces derniers jours, deux articles intéressants parus dans la presse sont venus compléter l’abondante littérature. Au travers de deux cas particuliers, on peut distinguer quelques unes des grandes causes du terrorisme.

Un premier article paru dans le Washington Post raconte la vie de Khalid al-Hubayshi, un Saoudien aujourd’hui âgé de 32 ans, ancien membre d’al-Qaïda. Khalid avait décidé de rejoindre le jihad en 1995. Il était alors un jeune étudiant universitaire à la recherche d’un but dans la vie. La vision des images de Bosnie et le sentiment que personne ne prenait la défense des musulmans l’ont converti au jihad. Cependant, entre temps, la guerre en Bosnie avait pris fin. Il a alors décidé de partir s’entraîner aux Philippines, avant de rejoindre l’Afghanistan en 1997. Deux ans plus tard, il quitte l’Afghanistan. Son motif : il ne voulait pas donner sa vie dans une lutte purement afghane qui ne le concernait pas. Il retourne en Afghanistan en 2001, néanmoins, et rencontre Oussama ben Laden. Après l’offensive américaine, il se retrouve caché à Tora Bora avec ben Laden, attendant que les Américains débarquent à pied pour les combattre. Mais les bombardements aériens se rapprochant, ben Laden prend la fuite, abandonnant Khalid et ses hommes. Plus tard, Khalid sera arrêté et envoyé à Guantanamo. Il a été libéré en 2006, avec la haine non plus contre l’occident, mais contre le leader d’al-Qaïda qui l’a trahi.

L’histoire de Khalid souligne tout d’abord une fois de plus que les étudiants sont une cible privilégiée des recruteurs d’al-Qaïda. En outre, son expérience démontre l’importance des images (que ce soit via des films de propagande ou via les médias) dans le recrutement. En effet, les photos ou les films ont une charge émotionnelle forte, ce qui touche parfois une corde sensible chez certains individus. Une image peut alors devenir l’élément déclencheur dans la décision de prendre part au jihad. L’histoire de Khalid souligne aussi l’importance de l’idéologie chez certains terroristes. D’autres individus, à l’inverse, sont motivés par l’argument économique. Enfin, et de manière très intéressante, la déception à l’égard d’al-Qaïda ressentie par Khalid met en exergue un aspect des groupes terroristes largement sous-étudié : les raisons qui poussent un terroriste à « se ranger ». Michael Jacobson, du Washington Institute for Near East Policy a publié plusieurs articles à ce sujet.

Le deuxième article venu étoffer la littérature sur les causes du terrorisme s’intitule « So you wanna be a Hizbollah fighter ? » paru sur le blog de Time Magazine. A partir de plusieurs interviews avec des membres du Hezbollah, le journaliste isole quelques constantes. La plupart des membres du groupe libanais sont recrutés très jeunes. Ils participent à des stages d’endoctrinement. Dès le début de ces stages, le Hezbollah insiste sur l’idéal de martyre et organise les enfants par « cellules » de cinq, chacune ayant un chef. Les « cellules » participent à des jeux du type chasse au trésor, et se familiarisent par la même occasion avec le fonctionnement des cellules. Une fois un peu plus grands, les enfants sont « exposés » aux mitraillettes AK-47. Tout au long de la formation, les « chefs de stages » identifient les caractéristiques de chaque individu. Ceux qui montrent une grande patience, seront en missions d’observation, les plus intelligents iront dans l’espionnage ou le contre-espionnage. Une fois la formation militaire achevée, les combattants sont envoyés en stage en Iran puis intégrés dans une unité avec des « anciens ».

Le cas libanais montre l’importance du processus de socialisation dans la formation des terroristes. Comme déjà expliqué précédemment dans le cas palestinien, les enfants sont souvent exposés à la violence et à la propagande très jeunes. Etant donné leur faible résistance aux techniques d’endoctrinement, il n’est pas surprenant que beaucoup d’entre eux se retrouvent dans les rangs terroristes ou insurgés.

Lire la suite...