«Rien n'est plus facile que de dénoncer un malfaiteur; rien n'est plus difficile que de le comprendre» ---Fédor Dostoïevski

mercredi 13 août 2008

Cyberattaques Russes en Géorgie Offrent un Aperçu des Futurs Conflits

Un article du New York Times révèle que l'invasion russe de la Géorgie avait été précédée par un grand nombre d'attaques...virtuelles. Plusieurs jours avant le début des hostilités, dès le 20 juillet, l'infrastructure internet géorgienne avait été saturée par une attaque coordonnée contre ses serveurs, bloquant l'accès à une grande partie de sites grâce à des programmes connus sous le nom "Distributed Denial of Service" (DDOS).

Bien que l'auteur ou les auteurs de ces attaques soient encore inconnus, ces cyberattaques offrent un aperçu des guerres à venir.

Premièrement, au 21ème siècle, la cyberguerre va devenir une composante entière de l'art de la guerre. Selon les experts, les cyberattaques russes constituaient la première coordination entre des attaques virtuelles et une offensive réelle. Ce scénario sera très vraisemblablement reproduit dans l'avenir.

Deuxièmement, la Géorgie dépend encore très peu d'internet (encore moins que le Bangladesh!), donc ces cyberattaques n'ont eu que peu ou pas d'influence sur le conflit. Mais dans le cas d'un affrontement entre deux puissances majeures (Chine, Russie, Etats-Unis) ou entre des pays dépendant fortement de l'internet (Europe par exemple), les cyberattaques peuvent se révéler beaucoup plus efficaces et offrir un réel avantage à leur instigateur sur le champs de bataille.

Enfin, les cyberattaques sont non seulement efficaces, mais également peu chères, ce qui accroît fortement la probabilité de leur multiplication. En outre, les cyberattaques peuvent être conduites par les militaires, mais aussi par des individus isolés, ou un groupe "d'informaticiens patriotiques". Les conflits du 21ème siècle pourraient dès lors devenir un mix de guerre réelle et virtuelle, conventionnelle et asymétrique (cyberattaques de civils contre gouvernement étranger).

2 commentaires:

ZI a dit…

Je me demande si l'impact de ces attaques ne seraient pas essentiellement psychologique.Les infrastructures essentielles sont sans doute capable de resister. Mais pour une population "connecté", il serait sans doute très déstabilisant de perdre l'accès aux quotidiens en ligne et autre sites de ce style.

Thomas Renard a dit…

Les cyberattaques peuvent répondre à un objectif de propagande, en effet. Mais elles peuvent également pénétrer les aspects les plus secrets des systèmes de défense. La CIA, le FBI, le Pentagone ont déjà subi des cyberattaques, même si j'avoue ne pas très bien savoir dans quelle mesure ces attaques ont pu "paralyser" le système, ou pourraient nuire aux capacités militaires d'un état. Mon intuition, cependant, c'est que les cyberattaques, sans constituer la clé des futurs conflits, pourraient y jouer une part importante.